Deuxième séance de l’atelier de lectures

Atelier de lectures de l’ACF

animé par Guy de Villers et Marie-Françoise De Munck

Deuxième séance le jeudi 3 décembre 2009

Au local de l’ACF-Belgique, rue du Prince Royal 37, 1050 Bruxelles, à 21 h 00.

Présentation de l’atelier : CE QUE LACAN APPELLE « LALANGUE »

Il s’agit de saisir les enjeux de la promotion par Lacan de cette « lalangue [...] pour désigner ce qui est notre affaire à chacun, lalangue dite maternelle, et pas pour rien dite ainsi. »  (Jacques Lacan, Le Séminaire, Livre XX, Encore, p. 126.) 
Il y va, ni plus ni moins, de la spécificité du discours analytique, lequel pose que « l’inconscient est un savoir, un savoir-faire avec lalangue. » (Ibid., p. 127.)

Nous aurons quatre séances pour centrer notre travail sur ce moment tournant dans l’élaboration lacanienne, en montrant comment l’invention lacanienne est ancrée dans la clinique du texte, tel qu’il se donne à lire dans les œuvres d’auteurs tels que M. Leiris, J.-P. Sartre ou A. Appelfeld, parmi d’autres. Le cours de J.-A. Miller (La fuite du sens; 1995-96) orientera notre approche.

Présentation de la deuxième séance

La seconde séance de l’atelier de lecture (le 3 décembre 2009)  sera consacrée au repérage de la présence de « lalangue » dans l’œuvre de Francis Ponge, présenté par Jean-Louis Aucremanne,  et d’ Aharon Appelfeld, présenté par Esther Beghin.

Temps 1 :       Langue et jouissance chez Francis Ponge :

exposé de Jean-Louis Aucremanne

Lorsque Francis Ponge parle ou écrit sur son écriture, il ne manque pas d’évoquer la jouissance de la langue. Ce qu’il « fabrique » avec des mots, c’est pour « donner à jouir à l’esprit humain ». La nécessité — le « courage » — d’écrire s’impose cependant dans une contradiction, « parler contre les paroles », « étant données les habitudes que dans tant de bouches infectes elles ont contractées ». Dans ces deux aspects de ses « raisons d’écrire », la connexion entre langue et jouissance se trouve donc convoquée, et différenciée, par l’acte créateur lui-même.

Quelques références :

-         Le parti pris des choses – texte : « Des raisons d’écrire ». Poésie/Gallimard.

-         Méthodes – texte : « My creative method ». Idées/Gallimard.

-         Texte : « La fabrique du pré ». Pléiade, Œuvres complètes, tome 2.


Temps 2 :       Le corps et la langue chez Aharon Appelfeld :

Exposé d’Esther Beghin

Aharon Appelfeld était un enfant pendant la Shoah. Cet écrivain nous donne à découvrir son expérience singulière de la perte des langues qui l’animent, et les modalités de son appropriation d’une nouvelle langue, l’hébreu.

Nous vous proposons de le suivre sur ce thème du corps et de la langue à travers deux de ses ouvrages :

-         Histoire d’une vie : traduit de l’hébreu par Valérie Zenatti ; Paris, L’Olivier/Le Seuil, 2004 ; Collect. Points P 1384, 2005.

-         L’amour soudain : traduit de l’hébreu par Valérie Zenatti ; Paris, L’Olivier/Le Seuil, 2004.