Epinglage J-C Maleval Liège (I)

Bureau de ville de l’ACF à Liège

Jean-Claude Maleval

30 janvier 2010

De la férocité du surmoi

Epinglage

par D. Beelen

EPINGLAGE

Jean-Claude Maleval a débuté la conférence qu’il a donnée à Liège par une citation de Jacques Lacan : « le fou, c’est l’homme libre ». A partir de cette affirmation, se pose la question du rapport du sujet psychotique à la Loi. La clinique nous montre un éventail possible, du sujet  hors-la-loi, en position de totale liberté, à l’opposé des sujets qui se guident dans l’existence par des idéaux très conformistes ou qui sont écrasés par un Loi implacable. S’il y a point commun, nous dit J.-Cl. Maleval, c’est que tout parlêtre est soumis à la loi de la castration et que quand cette loi n’est pas symbolisée, elle tend à s’imposer dans le réel. Le surmoi lacanien est un impératif de jouissance qui, à l’encontre du surmoi freudien, n’est pas l’héritier du complexe d’Œdipe. Or quand cet impératif pulsionnel n’est pas tempéré par le Nom-du-Père, il se révèle volontiers sous la forme d’un commandement obscène et  féroce, qui déborde la conscience et ses raisons, et qui tend à exiger un sacrifice salvateur.

Un exemple de ce surmoi féroce dans la psychose nous est montré par l’apotemnophilie, syndrome marqué par la volonté du sujet de se faire amputer un membre sain avec la certitude que cela peut résoudre son mal-être. Kevin Wright, patient écossais qui s’est fait amputer la jambe, disait dans une interview  que sans savoir pourquoi, sa jambe gauche ne faisait pas partie de lui, qu’il « savait » qu’il ne voulait pas de cette jambe. Il soulignait qu’en lui retirant la jambe gauche – castration dans le réel – le  médecin l’a fait « complet ».

Selon l’expression de Lacan «  une sorte de loi au-delà de toute loi » s’impose quand la loi paternelle ne fait pas advenir le désir ; une volonté de jouissance sans borne pousse fréquemment le sujet à des actes sacrificiels, tantôt effectué sur lui-même, tantôt portant atteinte à des images spéculaires. Ceci peut être illustré par la clinique des pathomimies ou celle des actes immotivés, souvent d’une grande violence et présentant régulièrement un caractère de sacrifice.

Enfin, à partir de vignettes cliniques, J.-Cl. Maleval nous a donné des indications pour la conduite de cures de sujets psychotiques : il s’agit de faire attention à ce que ne se dévoile pas à la place de l’analyste le surmoi féroce en se gardant d’une position toute puissante. Il s’agit également de s’opposer à ce que le sujet ne réalise la perte ou le sacrifice en visant la création d’une suppléance qui limitera la Jouissance.

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