|
|
Kring voor Psychoanalyse van de NLS Séminaire NOUAGES Bruges – samedi 13 mars 2010 “Fille, Mère, Femme au XXIème siècle”
Avec G. Blanchet et G. Caroz
Par Katrien Mortier |
|
EPINGLAGE |
|
|
Gil Caroz a, sous le titre « Les femmes et le gouvernail », exploré ce que les femmes peuvent nous apprendre sur la tenue du gouvernail et le traitement de la jouissance dans la famille, dans la politique, ou dans les institutions psychanalytiques. Le rapport distinct à l’inconscient chez les hommes et les femmes implique un rapport distinct au signifiant maître, et introduit des positions différentielles. Il est parti du nom que Jacques-Alain Miller et Eric Laurent ont donné à notre ère hypermoderne, « L’Autre qui n’existe pas », qui est aussi une façon de dire que notre monde est féminisé. Le mathème S(A) barré qui sert à l’écriture de cette inexistence de l’Autre justifie le fait qu’on parle d’une féminisation. Pour désigner ce qu’implique cette féminisation du monde, on peut aussi parler de la chute du père et des idéaux, ainsi que de la montée au zénith de l’objet a.
Lacan parle de ces mêmes transformations de la civilisation en termes de forclusion sociale. Au Nom-du-Père forclos vient se substituer un élément nouveau, celui « d’être nommé à une fonction ». Cette nomination est une opération dont le désir de la mère est l’agent. Il s’agit ici de la dimension du pas-tout sans le phallus. Un monde féminisé n’est pas un monde fou ou psychotique. Nous attendons d’un monde féminisé qu’il soit plus ouvert à l’Autre. Mais ce que Lacan nous décrit est un monde qui risque de tourner fou, parce qu’il n’est plus ancré au phallus. Donc, la question est de savoir comment les jouissances sont alors traitées.
Le rapport au phallus pour la femme, est un rapport qui prend son départ d’un manque. Ceci peut produire deux effets contradictoires. Premièrement, elle a un rapport au phallus qui ne souffre pas des tracas et des hésitations d’un propriétaire. En même temps, ce rapport au phallus est dans un certain sens plus labile que celui d’un homme. Il ressemble plus au rapport d’un locataire qu’à celui d’un propriétaire. Pour la femme, la dimension de semblant du signifiant phallique se vit avec beaucoup plus d’évidence et moins d’angoisse. Elle endosse le semblant avec une facilité qui manque à l’homme. Deuxièmement, du lien que la femme entretient avec S(A) barré résulte que la femme sera portée sur le traitement des jouissances sur mesure pour chacun, au cas par cas. Elle n’est en effet pas toute soumise à la fonction phallique régi par le principe de l’universel comme ensemble fermé. Cette logique de l’un par un et de la série convient sans doute beaucoup mieux au traitement du réel, que la loi qui vaut pour tout les cas, pour la simple raison que le réel se caractérise justement d’être arbitraire et sans loi.
Pour sortir de l’embarras dans lequel Freud nous a mis avec le fameux « surmoi faible » des femmes, qui fait de la volonté d’une femme un caprice immoral, Lacan extrait la question du domaine de la morale, pour le situer dans le langage et la logique. Dans le rapport à S(A) barré, une femme occupe une zone à laquelle la parole n’a pas accès. Dans son rapport à S(A) barré, elle est hors inconscient. De ce côté, nous allons trouver la femme en tant que son action est motivé par un point sans loi. Tout est possible dans cette zone.
Nous trouverons de ce côté les femmes à qui on attribue un savoir de régner à l’ère de l’Autre qui n’existe pas, sans faire preuve d’autorité aucune. On tend à attribuer cette capacité aux femmes car depuis la nuit des temps elles ont dû régler les jouissances des enfants sans avoir recours à l’autorité, et elles ont réussi à les cadrer en faisant usage uniquement de la persuasion, la conversation, et l’amour. C’est donc la version douce. Mais nous avons tout autant la version dure de la femme Médée, celle qui est capable aux actes les plus cruels pour creuser la castration là où il y a trop de jouissance. Mais il y a surtout la femme dite « du caprice ». Celle dont on ne peut saisir la loi qui régit la volonté. Une volonté qui parait folle. Elle nous apprend que vision politique fixe et stable n’est qu’un fantasme masculin. A l’opposé, le principe féminin est tolérant à l’inconsistance, car par rapport au signifiant, il est l’inconsistance même.
Quand nous regardons notre Ecole, nous voyons une série de mouvements parfois accompagnés d’une plus au moins grande « crise ». Ce n’est que d’un point de vue d’un fantasme masculin que ces mouvements témoignent d’un caprice du maître et d’une identification de foule. De fait, ce que montrent tous ces mouvements, est que l’Ecole est féminine. Si la prudence masculine relève d’un calcul préalable du risque, l’acte en tant que psychanalytique est indépendant du signifiant. L’acte est donc féminin lui aussi, et c’est lui qui convient le mieux à la rencontre, chaque fois nouvelle, avec le réel. Pour qu’il y ait acte, pour le désir et le nouveau puissent continuer à nous animer, il faut plutôt compter sur le féminin.
Réginald Blanchet a présenté un cas d’hystérie partant de deux phénomènes pulsionnels indexes d’une jouissance Autre ; la boulimie et la dépression. Ces deux modes de jouir, non corrélé au phallus, indiquent pour cette femme le lieu du manque radical dans l’Autre. Si le symptôme principal qui l’amène en analyse est ‘l’incapacité’ – signifiant fortement déterminé par son histoire, ainsi que mode de jouir de son inconscient – c’est par le surgissement des ces deux modes de jouir hors-signifiant que la question de l’avoir phallique passe à la question de l’être et de la féminité. Ce passage permet l’inclusion de la question de la féminité dans la cure.
Lieve Billiet a présentée le cas d’une femme qui vient la consulter suite à une impasse dans sa vie amoureuse, l’amenant à questionner sa façon de faire des choix. Une scène infantile en donne la clé. Donnant forme à un fantasme, la scène donne les coordonnées de sa position de fille, de mère, et de femme. S’y montre à chaque fois une grande difficulté à s’inscrire dans la logique de la demande et du désir. S’y montre aussi un attachement au père et un flou des limites oedipiennes. Le cas pose la question de comment se séparer du père, sans perdre toute boussole, tout ancrage, comment laisser place au manque, installant la dialectique de la demande et du désir, nouant de façon inédite la vie et le mort.
|
|
|
Désinscription, envoyez un message à : courrier-unsubscribe [arobase] ch-freudien-be [point] org Nouvelle inscription, envoyez un message à : courrier-subscribe [arobase] ch-freudien-be [point] org ACF- Belgique : 37 rue du Prince Royal BP30 à 1050 Bruxelles acf.belgique [arobase] scarlet [point] be | 02 – 230 28 77
|
|


