Gérard Wajcman : l’oeil absolu

Soirée « Sur le vif »

Gérard Wajcman

Invité à l’Association de la Cause Freudienne-Belgique

Le jeudi 25 mars à 21h

37 rue du Prince Royal à Ixelles

La soirée, consacrée à son dernier livre « L’œil absolu »[1],  sera animée par Yves Depelsenaire


« Entre vidéosurveillance et idéologie de la transparence, le psychanalyste Gérard Wajcman décrit une nouvelle tyrannie du regard. Dans un immeuble parisien, un dispositif de vidéosurveillance a été installé. Il permet aux résidents d’observer le bâtiment depuis leur téléviseur. Grâce à des caméras de CCTV (Closed Circuit TV) qui fleurissent dans d’autres grandes villes, Londres en tête, chacun peut surveiller sa cage d’escalier, voire son propre salon. « Le sens du «circuit fermé» de la télévision se révèle : c’est le regard en circuit fermé. Son accomplissement ultime, c’est le spectateur se regardant à la télé en train de regarder la télé, se surveillant lui-même », commente Gérard Wajcman ». (Le monde des livres)

« La surveillance totale de la planète et de nos vies, entre menace réelle et mythe contemporain: un essai brillant de Gérard Wajcman. Voir est une arme du pouvoir. Depuis la vidéosurveillance jusqu’aux balayages satellitaires de la planète, en passant par l’imagerie médicale et la télé-réalité, d’innombrables dispositifs s’acharnent à nous rendre intégralement visibles et transparents. On sait que sortir faire ses courses à Londres aujourd’hui, c’est être filmé plus de trois cents fois. La science et la technique ont bricolé un dieu omnivoyant électronique, un nouvel Argos doté de millions d’yeux qui ne dorment jamais. Plus que dans une civilisation de l’image, nous sommes désormais dans une civilisation du regard. On surveillait jadis les criminels, aujourd’hui on surveille surtout les innocents. Pour la politique sécuritaire, nous sommes tous des dommages collatéraux. Mais au-delà de la surveillance, ce regard global infiltre aujourd’hui tous les domaines de nos vies, de la naissance à la mort. La transparence n’est pas qu’une affaire sociale, elle vise aussi le privé de nos maisons et l’intérieur de nos corps, dissolvant chaque jour un peu plus l’espace de l’intime et du secret ». (Quatrième de couverture)

Gérard Wajcman, écrivain, psychanalyste, maître de conférences au département de psychanalyse de l’Université Paris-VIII, dirige le Centre d’étude d’histoire et de théorie du regard. Il est l’auteur notamment de : Le Maître et l’Hystérique (Navarin/Le Seuil, 1982), L’Interdit (Denoël, 1986), L’Objet du siècle (Verdier, 1998), Fenêtre, chroniques du regard et de l’intime (Verdier, 2004).