Charleroi : Atelier Ecriture et Mélancolie au Cripsa

L’atelier Ecriture et Mélancolie

aura lieu le mardi 20 avril, le vendredi 7 mai et le jeudi 20 mai 2010

au CRIPSA, 33 rue Huart Chapel à Charleroi.

 

Inscription à l’adresse e-mail : cripsa [arobase] ch-freudien-be [point] org (150 euros à verser sur le compte n°360-0409591-63)

 

Le mardi 20 avril

 

de 9h30 à 12h, Alexandre Stevens introduira sous le titre « Fonctions de la lettre et de l’écrit dans la mélancolie ». Il y a divers usages de la lettre dans les psychoses. Entre la lettre épistolaire, les confessions de Rousseau et le travail de Joyce, on essayera d’en développer la pertinence du côté de la mélancolie.

 

de 13h30 à 16h, Katty Langelez développera la différence des fonctions de l’écriture autour de la question du deuil et de la mélancolie en prenant comme référence le travail d’Emmanuel Carrère, celui de Philippe Forest et en contre-point le récit de Jorge Semprun, l’écriture ou la vie.

 

 

Le vendredi 7 mai

 

de 9h30 à 12h, Yves Depelsenaire parlera de « Kierkegaard et la pseudonymie ». Soren Kierkegaard, « le plus aigü questionneur de l’âme avant Freud » selon Lacan, a écrit sur la mélancolie des pages indépassables. Il est l’auteur d’une œuvre considérable répartie entre des « écrits édifiants » signés de son nom propre et autant d’ouvrages écrits sous divers pseudonymes, qui dialoguent volontiers entre eux. Les arcanes de cette stratégie éditoriale répondent à une double nécessité : subjective et théorique. Elles dessinent un nœud qui se rompra brutalement quand Kierkegaard , renoncera soudainement à l’usage de la pseudonymie. (Référence : Une analyse avec Dieu, Yves Depelsenaire, Collection Essais La lettre volée, 2004)

de 13h30 à 16h, Pascale Simonet présentera un travail qui aura pour titre « Portrais au miroir ». Comparer l’écriture de Mallarmé et celle d’Edouard Levé, qui s’est donné la mort en 2007 quelques jours après avoir déposé un dernier manuscrit intitulé Suicide chez son éditeur apparaît de prime abord absurde, tant ces écrivains diffèrent. Tout semble les séparer: époque, style, structure, destin. C’est cette différence même que je me propose pourtant d’explorer avec vous. Elle concerne entre autres le traitement du rêve, de l’angoisse, du hasard, du double fantomatique et de la mort… Car l’un et l’autre ont cherché à nommer ce qui, de la perte, demeure un trou, là où l’objet perdu ne peut être remplacé. Tous deux furent des « ouvriers en nom », selon l’expression de Lacan opérant un travail singulier sur la langue, une « reprise » dans l’écriture de cet impossible auquel ils avaient à faire. Vérifiant au passage qu’aucun nom ne suffit absolument et que, ce qui fait suture pour un sujet, n’est qu’un tenant lieu toujours à reprendre.

 

Le jeudi 20 mai

de 9h30 à 12h, Ginette Michaux
« J’aborderai le genre de la nouvelle et la question de la mélancolie en étudiant trois œuvres. D’abord, la nouvelle de Joyce intitulée « Les morts ». C’est la dernière nouvelle du recueil Gens de Dublin (Presses Pocket (Plon), n° 1935). (N.B: Cette traduction française est à préférer à celle intitulée « Dublinois »). Dans ce recueil du premier Joyce, la langue n’est pas mise à mal. Plutôt que de « sinthome », on pourrait parler ici de la mise en scène d’un héros dont la suppléance s’effondre sur le mode mélancolique. Ensuite, deux nouvelles très brèves, issues d’un recueil de nouvelles de l’auteur belge contemporain André Sempoux, qui proposent une sorte de traitement « entre rêve et réveil », comme le dit Lacan, de la perte de l’objet d’amour. Ces nouvelles s’intitulent « Jazz » et « jDh » et se situent dans le recueil intitulé « Moi aussi je suis peintre ». Ce recueil est publié dans la collection de poche belge « Espace Nord », n° 151. Enfin, bien que la mort y soit omniprésente, la nouvelle de Henri James intitulée « L’autel des morts » (livre de poche Stock, coll. bibliothèque cosmopolite) ne me paraît pas relever de la mélancolie. Ce sera l’occasion d »expliquer pourquoi et d’ouvrir la discussion en la comparant aux trois autres. Pour information, Les « Morts » de Joyce a fait l’objet d’un film de John Huston, et « L’autel des morts » de Henry James d’un film de François Truffaut intitulé différemment : « La chambre verte ».
N.B: Les œuvres sont disponibles dans des collections de poche et le genre de la nouvelle est un genre bref. Notre rencontre serait plus dynamique si les participants avaient l’occasion et le temps de les lire avant le séminaire. »

 

de 13h30 à 16h, Marie-Jeanne Brichard terminera la formation en proposant aux participants un atelier d’écriture qu’elle animera pour l’occasion.