Le Courrier de l’ACF

Le Courrier bi-mensuel de l’Association de la Cause freudienne – Belgique regroupe l’ensemble des activités programmées les deux prochains mois ainsi que les épinglages et compte-rendus publiés les deux mois précédents.

La liste « COURRIER » est commune à l’ACF et au Champ freudien, il suffit donc de s’y inscrire une seule fois, en passant par le petit formulaire qui se trouve dans la colonne de gauche.

Un archivage des courriers antérieurs est disponible sur ce site, à dater de septembre 2009.


Epinglage des Amoureuses




Soirée sur le vif :

Clotilde Leguil

Le making of des amoureuses du

21 ème siècle.

Epinglage

par Céline Aulit

EPINGLAGE

Photo : J-C. Encalado

Moteur !

Une salle plongée dans la pénombre, des spectateurs dont les regards sont rivés sur l’écran et nous voilà emportés au pays des amoureuses, guidés par Clotilde Leguil, metteuse en scène d’un soir. Les amoureuses dont il est question ce soir ont toutes en commun un destin tragique. Comment sont-elles arrivées à cette issue fatale ? C’est ce que le rendez-vous de ce soir nous a aidé à découvrir.

Lux est la première amoureuse à monter sur scène. Après avoir offert sa virginité à un homme disparu avec la nuit, Lux entame un long voyage qui la conduira au suicide. Les projecteurs mettent la lumière ce soir sur ce qui l’a poussée à passer à l’acte. Que l’on se détrompe ! Ce n’est pas tant la rencontre avec le réel de la sexualité qui la précipite dans ce gouffre que l’impossibilité de toute dialectisation autour de cette rencontre « ratée ». La sexualité certes, fait trou mais le drame survient parce que cette famille ne permet en aucun de bricoler autour de ce traumatisme. De cette brèche, la mère s’est emparée pour tenter une réincorporation de ses filles -indissociables dans son œil- qui se retrouvent dès lors étouffées par cet Autre tout puissant. Pourtant, s’étonne la mère, « Aucune de mes filles n’a manqué d’amour ». Voilà qui dit justement ce qui pousse ces trois jeunes filles au suicide : l’absence de manque.

La deuxième amoureuse de la soirée, Christa, comédienne en RDA, se voit contrainte de choisir entre sa passion pour la scène et son amour pour un homme. Pour pouvoir garder l’un, elle doit sacrifier l’autre. Choix impossible. Pourtant sous le regard de l’agent Wiessler, Christa va trahir son amour et révéler la cachette compromettante. Qu’est-ce qui a poussé Christa à divulguer cette information ? Trahison qui se révèle tellement insupportable qu’elle se solde par une sortie de scène. Est-ce une confiance aveugle en cet espion hors pair qui a découvert en ce couple que la vie des autres a peut-être un secret pour lui ? Ou est-ce parce que Christa se trouve devant un choix kafkaïen dans toute l’angoisse qu’il peut revêtir ?

Pour Diane, notre troisième amoureuse d’un soir, la femme existe et sans doute un peu trop ! Diane y croit en tous les cas : la femme, c’est toujours l’autre -« This is the girl ». Contre cet impossible orchestré trop tard dans le silence du Club Silencio, Diane commet l’irréparable. Elle trouve alors refuge, tout comme nous, spectateurs de l’horreur, dans un rêve, dernier souffle de vivant. Comme Diane, nous tentons de reconstruire ce qui n’a pas pu l’être, ce qui bute contre le sans mot. A la différence près que notre rêve à nous peut se poursuivre après la nuit. Lynch nous invite à continuer à construire, à désirer, à vivre après ses films. Il nous ouvre la porte d’un désir de comprendre car comme nous le rappelait notre chef d’orchestre, c’est moins le sens que l’effet des films de Lynch sur le spectateur qui permet cette accroche.

On finit par se demander qui sont ces amoureuses ? Qui est qui ? Elles ? Nous ? Les nombreuses femmes venues en masse à ce rendez-vous de l’amour ? Il semble que c’est face à une impossibilité de dire que nos amoureuses choppent. En aucun cas contre l’amour lui-même. Nous retiendrons par ailleurs la dédicace de Clotilde Leguil : « A tous ceux qui ont su nous rattraper à temps. » Un homme ? Un analyste ? La question reste vivante pour chaque amoureuse qui sommeille en nous…

Courrier de l’ACF Belgique

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Clotilde Leguil ce soir à Bruxelles

Le making of des amoureuses du 21 ème siècle.
Avec Clotilde Leguil

Jeudi 17 juin au local de l’ACF-Belgique, à 21 heures.

Nous aurons le plaisir de recevoir pour cette soirée sur le Vif, Clotilde Leguil qui s’entretiendra avec nous de son livre : Les amoureuses, voyage au bout de la féminité (Editions du Seuil, Paris, avril 2009.) L’auteure nous y dévoile en quelque sorte le grand making of de trois amoureuses du 21 ème siècle,  trois superbes personnages de femmes qui vivent une histoire d’ amour jusqu’au bout d’elles-mêmes, jusqu’au ravissement de leur être. Trois films à voir ou à revoir si vous voulez vraiment participer activement à cette soirée. Il est très facile de se les procurer en DVD ou en location. Il s’agit de Virgin Suicides de Sofia Coppola, de La Vie des autres de F. Henckel von Donnersmarck et de Mulholland Drive de David Lynch. Trois films forts, envoûtants, trois  destins tragiques d ‘amoureuses d’aujourd’hui que sont respectivement : Lux, Christa et Diane. Pour elles trois, rien n’était écrit comme elles s’y attendaient. La formule manque pour chacun. Puisqu’il n’y a pas d’orchestre, No hay banda, comme il est martelé dans le film de Lynch, lors de la fameuse scène du Club Silencio. Il n’y a pas d’orchestre alors il ne reste à chacun qu’à bricoler sa petite musique pour parer à l’absence du rapport sexuel.  C’est l’amour qui y supplée, et il vise l’être, à savoir ce qui dans le langage se dérobe le plus, comme nous le dit Lacan dans le Séminaire 20. Ces trois amoureuses posent cette question centrale pour la psychanalyse, de notre présence au monde et des difficultés ou impasses qu’un sujet peut y rencontrer. Heureusement, que certains, comme l’écrit Clotilde Leguil en exergue de son livre :  « savent nous rattraper à temps. »

Rendez-vous pris donc pour le 17 juin pour parler d’amour.

Daniel Pasqualin

Epinglage Soirée Twitter

Soirée Twitter par Éric Costers (@rickost) et Anne Cosyn (@ACosyn)

HAMLET par @Oedipe-Gothplex

Mon royal paternel n’est plus et personne n’en a rien à foutre.

Maman me prie de cesser de porter du noir. QU’ELLE ARRÊTE DE ME SURVEILLER. Je n’obéirai pas. Je voudrais voir ma peau fondre et c’est tout.

De voir Ophélie aussi  sexy et aussi classe, ça me rend triste. Mère aussi a belle mine malgré toutes ses épreuves.

UNE APPARITION ! Quel souk, ça devient LOURD. Que je sache les gens ne tombent pas accidentellement sur des flacons de poison.

Pourquoi Claudius me répète-t-il encore ce que je dois faire ? TU N’ES PAS MON VRAI PAPA ! En fait mon vrai papa, tu l’as tué L

“2bornot2be” Comment twitter après une formule pareille ?[1]

Epinglage par Pascale Simonet

EPINGLAGE

Vite, vite, tweete, tweete!

Soirée vivante, animée et joyeuse que celle qui nous a été proposée par Éric et Anne, jeudi dernier. Assemblée très participative aussi, tantôt amusée, tantôt intéressée par les possibilités inédites de ce nouveau réseau social, tantôt inquiète par les dérapages voyeuristes toujours possibles. Et enfin ouverture en direct sur Twitterland avec l’intervention ensoleillée de quelques collègues de l’École dialoguant avec nous, de la Bretagne au sud de la France. Pour vous en donner le goût, je vous propose un petit dialogue imaginaire reprenant sous forme de tweets quelques moments de cette conversation tonique. Si vous souhaitez de plus amples informations sur Twitter, n’hésitez pas à consulter les nombreux sites pratiques facilement trouvables sur le net. À bientôt sur Twitter! Brr, il est bigrement temps que je m’y mette !

@rickost: après l’impulsion de @jamplus et des journées d’automne, est née une nouvelle communauté de Tweeters, bruissante et rieuse. #twbe[2]

@necessepas[3]: salut l’ACF-Belgique ! On est tous avec vous ! #twbe

@midite[4]: faire connaitre Twitter  par la voie que vous avez choisie : un fabuleux défi! #twbe

@ACosyn : 140 caractères pour faire passer un message, et c’est parti ! Un véhicule de communication immédiat tout à fait inédit. #twbe

@rickost : plusieurs modes de participation sont admis à Twitterland. Autant de manières de faire que de praticiens. #twbe

@ACosyn : si tu ne veux pas te mouiller en tweetant, tu peux lurker quand tu veux,[5]. Mais pour participer activement, tu te délurkes. #twbe

@rickost: une nouvelle source d’info pour les journalistes eux-mêmes, c’est bon à savoir ! L’info démultipiée, anarchique parfois. #twbe

@rickost: une certaine réserve est de mise: le système est entièrement transparent sans être symétrique. #twbe

@ACosyn: toujours possible d’envoyer des DM[6] à un seul destinataire s’il vous suit. #twbe

@rickost: la seule protection est le défilement rapide de la time line (LT). Tout message est immédiatement dépassé. #twbe

@ACosyn : on peut vraiment TOUT FAIRE avec Twitter: de la politique, du sérieux, de la franche rigolade… #twbe

@rickost : le visage des hommes politiques par ce biais jour change ma façon de voir les choses. C’est ahurissant parfois. #twbe

@rickost: la forme ramassée du tweet ouvre à l’équivoque et l’interprétation. C’est très intéressant. #twbe

@rickost : les formules inédites font mouche. Les moments les plus drôles sont souvent les plus féconds. #twbe

@rickost : pour moi, c’est un formidable travail sur la langue qui développe l’art de la formule concise, précise  et efficace. #twbe

@rickost : et le cours de JAM par tranches de 140 signes ![7] Vous n’imaginez pas le plaisir… De vrais Haïkus ! #twbe

@rickost : deux fins reporters[8] de son cours au Déjazet : l’un tweete en temps réel (@Timecerise), l’autre après coup dans la soirée qui suit (@fources). #twbe

@rickost : on peut même retrouver tous ces tweets sur le blog[9] de Midite tous les mercredis ! Une mine d’or, mine de rien. #twbe

@ACosyn: la pluralité des tweetreporters est passionnante et permet de suivre les nuances de chacun dans un tourbillon coloré. #twbe

@ACcosyn: seul le désir de chacun est aux commandes et se laisse tisser dans un formidable réseau. #twbe

@rickost: vous l’avez compris, ce réseau social qui virevolte et pétille est passionnant à suivre ! À vos tweets! #twbe

Ah j’oubliais! Vous pouvez désormais suivre notre chère ACF sur la planète Twitterland. Elle s’affiche sous le pseudo @ACFbelgique.

Illustration: Vanessa @leyvanessens

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[1] Rensin E. et Aciman A., La twittérature, Les chefs-d’œuvre de la littérature revus par la Génération Twitter, Coll. Candide/Voltaire, 2009, éd. Saint-Simon, Paris, p. 49.

[2] # = hashtag, marque tout message relatif à un sujet précis. En cliquant sur le hashtag on retrouve dans l’ordre chronologique tous les tweets le mentionnant.

[3] En direct de Rennes, Caroline Pauthe-Leduc

[4] En direct de Toulouse, Cécile Favreau.

[5] Regarder les tweets des autres sans gazouiller soi-même.

[6] DM=Direct Message ou message privé.

[7] Suivre #cjam

[8] Jean-Pierre Klotz (@fources) et Luc Garcia (@Timecerise)

Décès d’Isabelle Brandon

Nous sommes sous le choc de l’annonce du décès d’Isabelle Brandon. Elle a participé activement aux activités de l’ACF-Belgique et de la Section clinique de Bruxelles et nous avons gardé en mémoire sa contribution à nos débats sur la justice.
Le Conseil de l’ACF-Belgique adresse ses condoléances à ses proches et tient à lui rendre hommage par ces quelques mots.

Philippe Bouillot, Président

Isabelle Brandon a été assassinée avec son greffier, André Bellemans, hier jeudi 3 juin 2010 en pleine audience à la Justice de paix de Bruxelles. Isabelle Brandon était juge de paix du 4e canton. Ses collègues et le monde judiciaire en général la tenaient en haute estime. Elle était membre de l’association syndicale des  magistrats, présidée par Thierry Marchandise. Celui-ci lui rend hommage dans l’édition du Soir de ce vendredi matin.

Nous avons connu Isabelle Brandon à l’ACF-Belgique. Elle a participé à nos soirées, nos journées d’étude. Elle a donné un article au Bulletin de l’ACF-Belgique, Zigzag (N° 9, décembre 98) : « Psychanalyse et droit : interroger les termes utilisés : la jouissance », pp. 63-67.

Elle disait que pour exercer sa profession, il fallait bien connaître le terrain et en même temps « réaliser une réflexion permanente sur l’essence même du droit ». (Le Soir, 4 juin 2010, p. 3.) Elle avait souscrit à la définition que Lacan donne du droit. Et de citer le Séminaire XX, Encore, p. 10 : « C’est bien là qu’est l’essence du droit —répartir, distribuer, rétribuer ce qu’il en est de la jouissance. » À l’époque, Isabelle Brandon était juge de paix à Ixelles. Sa présence animait nos rencontres. Ceux qui l’ont connue en témoignent. Pour mémoire.

Guy de Villers Grand-Champs

Clotilde Leguil à l’ACF le 17 juin

Clotilde Leguil

Les amoureuses, voyage au bout de la féminité

Le making of des amoureuses du 21 ème siècle.

Avec Clothilde Leguil

Jeudi 17 juin au local de l’ACF-Belgique, à 21 heures.

Nous aurons le plaisir de recevoir pour cette soirée sur le Vif, Clotilde Leguil qui s’entretiendra avec nous de son livre : Les amoureuses, voyage au bout de la féminité (Editions du Seuil, Paris, avril 2009.) L’auteure nous y dévoile en quelque sorte le grand making of de trois amoureuses du 21 ème siècle,  trois superbes personnages de femmes qui vivent une histoire d’ amour jusqu’au bout d’elles-mêmes, jusqu’au ravissement de leur être. Trois films à voir ou à revoir si vous voulez vraiment participer activement à cette soirée. Il est très facile de se les procurer en DVD ou en location. Il s’agit de Virgin Suicides de Sofia Coppola, de La Vie des autres de F. Henckel von Donnersmarck et de Mulholland Drive de David Lynch. Trois films forts, envoûtants, trois  destins tragiques d ’amoureuses d’aujourd’hui que sont respectivement : Lux, Christa et Diane. Pour elles trois, rien n’était écrit comme elles s’y attendaient. La formule manque pour chacun. Puisqu’il n’y a pas d’orchestre, No hay banda, comme il est martelé dans le film de Lynch, lors de la fameuse scène du Club Silencio. Il n’y a pas d’orchestre alors il ne reste à chacun qu’à bricoler sa petite musique pour parer à l’absence du rapport sexuel.  C’est l’amour qui y supplée, et il vise l’être, à savoir ce qui dans le langage se dérobe le plus, comme nous le dit Lacan dans le Séminaire 20. Ces trois amoureuses posent cette question centrale pour la psychanalyse, de notre présence au monde et des difficultés ou impasses qu’un sujet peut y rencontrer. Heureusement, que certains, comme l’écrit Clotilde Leguil en exergue de son livre :  « savent nous rattraper à temps. »

Rendez-vous pris donc pour le 17 juin pour parler d’amour.

Daniel Pasqualin