Éditorial
Un événement peut avoir une double portée. Il arrive alors qu’il en devienne unique.
À la demande de Jacques-Alain Miller, Marie-Hélène Brousse organisa à Paris, en juillet 2008, un séminaire anglophone, reprenant ainsi une série qui s’était interrompue.
Pierre à l’édifice d’un programme politique décidé – de taille – pour le Champ freudien : promouvoir avec vigueur l’influence de la psychanalyse, de l’enseignement de Jacques Lacan et de notre recherche dans le monde anglo-saxon et, plus largement, partout où l’anglais est d’usage. Ce qui permit déjà de constater que son audience, loin de diminuer, y a largement progressé ces dernières années. Première portée de l’événement.
Choix par Jacques-Alain Miller d’y saisir occasion, pour notre communauté et donc bien au-delà, d’un effet retour sur le syntagme de « psychose ordinaire » – dix ans après son invention à la Convention d’Antibes. La deuxième portée de l’événement prend, après-coup, valeur de véritable tournant épistémique.
Authentique programme de recherche sur plus d’une décennie, dont les différents jalons largement connus sont repris dans les nombreuses contributions de collègues, psychanalystes ou pas, qui y sont intervenus, ce numéro double – évidemment ! – de Quarto publie la grande majorité des exposés et discussions qui ont trouvé place dans ce séminaire.
Sont présentés, débattus, mesurés, évalués, comparés, affinés, soumis à critique et étude, la portée, l’écho, l’extension, les effets, les résultats et les conséquences de l’invention du signifiant « psychose ordinaire », tant d’un point de vue épistémique, théorique, diagnostique, clinique, et de la pratique analytique et de sa direction de cure, que d’un point de vue politique, culturel et littéraire.
Ce « Retour sur la psychose ordinaire » couvre, vous le lirez, toute sa portée sémantique. Revenir à son point de départ, jusqu’à la nécessité de son inflexion.
Yves Vanderveken
Sommaire
Éditorial
Ouverture
Marie-Hélène Brousse : La psychose ordinaire à la lumière de la théorie lacanienne du discours
Introduction
Pierre Skriabine : La psychose ordinaire du point de vue borroméen
Russel Grigg : Le langage comme symptôme dans la psychose ordinaire
Pierre-Gilles Guéguen : Psychose ordinaire : le cas extraordinaire de Jean Genet
Jean-Luc Monnier : Psychose ordinaire et « présent liquide »
Notre orientation
Jacques-Alain Miller : Effet retour sur la psychose ordinaire
Rebonds. Direction de la cure
Gil Caroz : Quelques remarques sur la direction de la cure dans la psychose ordinaire
Alexandre Stevens : Mono-symptômes et traits de psychose ordinaire
Jean-Louis Gault : L’envers de la famille
Jean-Pierre Klotz : Psychose ordinaire et symptômes modernes
Traitements brefs
Antoni Vicens : Quelques cas de psychose ordinaire au cpct de Barcelone
Pierre Naveau : Précarité et désinsertion sociale
Clinical Papers
Hervé Castanet : Violaine ou « Ça s’est passé au club des Schtroumpfs »
Gustavo Dessal : L’étrange et mystérieuse disparition de la voix de Monsieur K.
Franck Rollier : Á la recherche du bon réglage
Catherine Meut : No man’s land : un cas pas tout à fait ordinaire
Adrian Price : L’arme fatale
Julia Richards : Un dialecte capitaliste dans un cas de psychose ordinaire
Natalie Wulfing : « Je suis génétiquement morte »
Maria J. Lopez : Le cas d’Armand
Culture et Politique
Véronique Voruz : Démocratie et psychose ordinaire
American Studies
Wilfried Ver Eecke : Questions philosophiques à propos de la théorie de la psychose chez le premier Lacan
Maire Jaanus : Le bonheur ordinaire dans Stream of Live de Lispector ou au-delà de l’objet a
Conclusion
Éric Laurent : L’interprétation ordinaire
Un numéro, un film
La rubrique de Daniel Pasqualin : Le silence de l’argent (Le silence de Lorna)



