ACF

AUTISME ET PSYCHANALYSE

     Courrier du Champ freudien en Belgique      
 

 

 

Le Champ freudien en Belgique, ainsi que l’ACF-Belgique, s’associent pleinement à la déclaration suivante et la font sienne.

 

La situation en Belgique n’est d’ailleurs pas en reste dans la “situation actuelle” décrite Autisme_Communique_Presse_31_janvier_2012.pdf

 

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         Nous publions le texte de l’Institut Psychanalytique de l’Enfant qui est une première réflexion sur la situation actuelle dont les enjeux sont lourds pour les jeunes autistes, leurs parents et tous les praticiens qui sont confrontés à leurs difficultés.

         Nous invitons tous ceux qui approuvent ce premier texte à l’afficher dans les institutions où ils travaillent et de l’y diffuser. Il est urgent d’engager le débat pour approfondir l’analyse de la gravité du contexte dans lequel ces praticiens exercent leurs professions respectives.

         Il est urgent d’informer tous les parents de cette gravité qui concerne tout un chacun.

Judith Miller

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AUTISME ET PSYCHANALYSE :

nos convictions

 

         L’Institut psychanalytique de l’Enfant a pris connaissance ces derniers mois d’une étrange campagne qui vise à exclure la psychanalyse de la prise en charge des enfants et adolescents autistes. Cette campagne culmine maintenant avec une proposition de loi qui a fait réagir tous les représentants professionnels1 et les plus grandes associations familiales (UNAPEI).

         Ladite campagne procède d’un intense travail de lobbying qui allègue des intentions louables : améliorer les conditions d’une catégorie de la population. En fait, il s’agit pour ses promoteurs d’obtenir des pouvoirs publics des subventions massives au bénéfice de méthodes de conditionnement, de façon à offrir des solutions ready-made aux familles qui cherchent avec inquiétude des solutions là où il y a une réelle pénurie d’accueil institutionnel.

         L’Institut psychanalytique de l’Enfant réunit des psychanalystes, des intervenants d’institutions spécialisées – psychiatres, psychologues, infirmiers, orthophonistes, psychomotriciens –, des professionnels du champ de l’enfance – enseignants, éducateurs, juristes, médecins… – qui agissent depuis de nombreuses années auprès des enfants en souffrance, en s’orientant de la psychanalyse, de Freud, de Lacan et des avancées les plus actuelles de la recherche clinique.

         C’est à ce titre que l’Institut psychanalytique de l’Enfant, par sa Commission d’initiative, souhaite prendre position. Il s’agit ici de témoigner des principes qui gouvernent notre action.

 

1 – Rappelons qu’en France, à partir des années 60-70, ce sont les psychiatres d’enfant et les psychologues formés à la psychanalyse qui commencent à se préoccuper du sort des enfants autistes jusqu’alors placés en hôpital psychiatrique ou en institution fermée, où la dimension déficitaire était prépondérante. Ils prennent appui sur les psychanalystes anglo-saxons Frances Tustin, Margaret Malher, Donald Meltzer, et sur l’institution de Maud Mannoni « l’École expérimentale de Bonneuil », avec les travaux de Rosine et Robert Lefort, élèves de J. Lacan. L’ensemble de ces travaux donne aux praticiens – psychiatres, psychologues, infirmiers, éducateurs, orthophonistes, psychomotriciens – l’idée d’un traitement possible et d’apprentissages qui tiennent compte du symptôme du sujet, au delà de la coercition. Les hôpitaux de jour, dans le mouvement de sectorisation de la psychiatrie, se créent dans cette perspective. Il s’agit d’offrir un accueil qui ne soit pas basé sur le déficit et qui tienne compte de la particularité de chaque sujet. La situation familiale fait partie de cette particularité, car les constellations familiales sont loin d’être toutes identiques. Les parents sont reçus, écoutés. Les enfants, les adolescents, sont reçus dans des petits groupes, sollicités pour des « ateliers » où peuvent se décliner leurs intérêts. Dans les moments de repas, de jeux, d’étude, ils expérimentent de nouveaux rapports avec les objets et avec les demandes, avec ce qui structure le monde de tous les enfants, mais dont les enfants autistes se défendent.

 

2 – Cette longue expérience de diagnostic, d’accompagnement des familles, de mise en place de parcours spécialement tissés pour chacun, a fait l’objet de nombreuses publications et de recueil de travaux. Elle n’aurait pas pu se soutenir sans la référence quotidienne à la psychanalyse, à son corpus textuel, à son enseignement vivant. Comment situer aujourd’hui la place de la psychanalyse dans le traitement de l’enfant autiste ? Nous proposons 5 axes de réponse :

         - La formation analytique, c’est-à-dire l’expérience d’une psychanalyse personnelle, donne aux intervenants un outil puissant pour situer leur action auprès des sujets autistes à la bonne distance, en se tenant à distance d’idéaux de normalisation ou de normalité incompatibles avec l’accompagnement professionnel de sujets en souffrance.

         - Ce respect de la position du sujet est la boussole qui oriente en effet cette action. Il ne s’agit en aucun cas de laisser l’enfant, l’adolescent, être le jouet par exemple de ses stéréotypies, répétitions, écholalies, mais, en les considérant comme un premier traitement élaboré par l’enfant pour se défendre, d’y introduire, dans une présence discrète, des éléments nouveaux qui vont complexifier « le monde de l’autisme ».

         - L’enjeu est d’abord que puisse se localiser pour l’enfant l’angoisse ou la perplexité que déclenche en lui l’interpellation d’un autre et la mise en jeu des fonctions du corps dans leur lien avec cette demande – se nourrir et se laisser nourrir, perdre les objets urinaires et anaux, regarder et être regardé, entendre et se faire entendre. Les psychanalystes ont depuis longtemps noté la dimension de rituels d’interposition que constituent de nombreux traits symptomatiques invalidants. La création ou la découverte par l’enfant d’un « objet autistique », quelle qu’en soit la forme, est souvent une ressource féconde pour créer des liens et des espaces nouveaux, plus libres des contraintes « autistiques ».

         - Les psychanalystes ne contestent en aucune façon l’inscription des enfants autistes dans des dispositifs d’apprentissage. Ils mettent au contraire en valeur que le sujet autiste est déjà bien souvent « au travail ». Les autistes dits « de haut niveau » témoignent en ce domaine d’un investissement massif de la pensée, du langage, et du domaine cognitif, où ils trouvent des ressources inédites. Plus généralement, pour tous les enfants, les praticiens cherchent à privilégier les approches pédagogiques et éducatives qui savent s’adapter pour faire une place aux singularités sociales et cognitives des enfants autistes. Enseignants et éducateurs témoignent, au sein de l’Institut psychanalytique de l’Enfant, de ce qu’ils ont élaboré avec l’enfant ou l’adolescent.

         - En revanche les psychanalystes s’élèvent avec la plus grande force contre des méthodes dites « d’apprentissage intensif», qui sont en réalité des méthodes de conditionnement comportemental, qui utilisent massivement le lobbying, voire l’intimidation, pour promouvoir des « prises en charge » totalitaires et totalisantes, qui s’auto-proclament seul traitement valable de l’autisme. Loin de cette réduction, il faut différencier les différentes approches de l’apprentissage. Les psychanalystes et les intervenants, regroupés au sein de l’Institut psychanalytique de l’Enfant, représentant toutes les catégories professionnelles présentes dans le champ de l’enfance, se déclarent tout spécialement attachés, pour les enfants et adolescents autistes, aux systèmes de soin et d’éducation existant en France, tant qu’ils permettent de répartir les responsabilités respectives et différenciées entre les professionnels du soin, de l’éducation, et les parents.

 

3 – Les classifications actuelles des troubles mentaux – spécialement le DSM – jettent une grande confusion dans le débat, faisant apparaître au même niveau diagnostic des symptômes de l’enfance tels que le bégaiement ou l’énurésie, des « troubles » référés à une normalité sociale (tels que les « troubles oppositionnels avec provocation » ou les « troubles des conduites »), et l’autisme (« trouble autistique »). L’autisme, et ses diverses formes, se trouve ainsi isolé comme le seul véritable tableau clinique de la catégorie « Troubles envahissants du développement ». Les débats en cours sur la continuité du « spectre des autismes », sur l’opportunité de maintenir dans la même série des TED les dits « Asperger », montrent combien cette catégorie est instable. A l’intérieur de ce « spectre », il faut examiner dans le détail les phénomènes d’envahissement du corps et situer les manifestations étranges et inquiétantes dont il est la proie. Les psychanalystes et les nombreux praticiens d’orientation lacanienne accompagnent ainsi de nombreux enfants et adolescents dans cette élaboration qui leur permet de garder ou de trouver une place dans le lien social et familial. Les parents peuvent alors s’autoriser à parler de certains traits de leur enfant, d’en saisir la valeur, malgré leur caractère étrange. Ce travail est nécessairement long, car il suppose de prendre en cause une différence de l’enfant qui vient à l’encontre des attentes et des désirs qui entourent sa présence au monde. Le psychanalyste, en place de recueillir cette souffrance, doit être attentif à la souffrance des parents et les soutenir dans leur épreuve.

 

4 – Des hypothèses étiologiques multiples – génétique, vaccinale, neurocognitive, etc.- présentées comme des vérités scientifiques à la suite souvent d’un unique article paru dans une revue, dont on apprendra quelques mois ou années plus tard le caractère biaisé, circulent dans les divers médias et affolent les familles. Ces hypothèses causales viennent répondre strictement à la réduction de l’autisme à un trouble du développement, présenté comme une maladie génétique voire épidémique. Elles se confortent de la loi de 2005 sur le handicap, qui ne vise pourtant aucunement à porter une sentence du type « C’est un handicap, donc cela n’est pas une maladie», mais à permettre une orientation adaptée pour l’enfant et une aide pour la famille. Beaucoup sur ce point reste à faire, et les associations de parents sont une force indispensable et incontournable pour faire avancer des projets adaptés, en particulier pour les très jeunes enfants et pour les grands adolescents et les jeunes adultes. En ce sens, l’annonce de l’autisme comme grande cause nationale ne pouvait que réjouir tous ceux qui sont mobilisés dans les soins apportés aux enfants et adolescents autistes.

 

5 – Les psychanalystes suivent tous les débats scientifiques autour des causes de l’autisme infantile. Quelles que soient ces causes, elles ne peuvent réduire le sujet à une mécanique. Ils prennent en compte les souffrances qu’ils rencontrent et ils promeuvent les institutions et les pratiques qui garantissent que l’enfant et sa famille seront respectés dans le moment subjectif qui est le leur. Ils facilitent, chaque fois que cela est possible, l’insertion de l’enfant dans des liens sociaux qui ne le mettent pas à mal. Ils ne sont pas détenteurs d’une vérité « psychologique » sur l’autisme, ils ne sont pas promoteurs d’une « méthode éducative » particulière. Ils sont porteurs d’un message clair pour le sujet autiste, pour ses parents, et pour tous ceux qui, en institution ou en accueil singulier, prennent le parti et le pari de les accompagner – et les psychanalystes sont de ceux-là : il est possible de construire un autre monde que le monde de défense et de protection où est enfermé l’enfant autiste. Il est possible de construire une nouvelle alliance du sujet et de son corps. L’effort de tous vise à démontrer cliniquement cette possibilité.

 

La Commission d’initiative de l’Institut psychanalytique de l’Enfant

Mme Judith Miller (Paris) – Dr Jean-Robert Rabanel (Clermont-Ferrand)

Dr Daniel Roy (Bordeaux) – Dr Alexandre Stevens (Bruxelles)

 

Collectif des 39 : http://www.oedipe.org/fr/actualites/autisme39

Syndicat des Psychiatres des Hôpitaux : http://www.sphweb.info/spip.php?article937

 

 

la prise de position D’EDWIGE ANTIER

 

Mme Edwige Antier, Députée de Paris et Pédiatre, a fait savoir publiquement qu’elle ne voulait pas qu'une loi prive les autistes des pratiques psychanalytiques, et qu’en conséquence elle ne s'associait pas à la proposition de loi de son collègue Daniel Fasquelle visant à « l'arrêt des pratiques psychanalytiques dans l'accompagnement des personnes autistes et la généralisation des méthodes éducatives et comportementales. »

      Elle écrit : « Les personnes dites “autistes” doivent avoir le droit de bénéficier de toutes les ressources de la médecine, de la psychiatrie et de la psychologie. Il y a aujourd'hui une nouvelle classification des troubles du développement, l'autisme entrant dans plusieurs syndromes d'origine et de traitements très différents, le plus fréquent se classant dans les « troubles envahissants du développement ». Les équipes médicales de pédo-psychiatrie manquent cruellement de moyens, mais sont parfaitement ouvertes actuellement à toutes les méthodes d'accompagnement, et doivent pouvoir mettre au service de la personne autiste et de sa famille toutes les compétences.

Le débat sur le rôle de la psychanalyse dans le suivi des enfants autistes est un débat du passé. Bruno Bettelheim, qui a été accusé de culpabilser les mères des enfants autistes, a disparu depuis 22 ans… et aucun pédopsychiatre, fut-il psychanalyste, ne se prive aujourd'hui de mettre toute une palette de traitements dans laquelle est inclue la méthode comportementaliste au service de ces familles. La souffrance des parents, le drame qu'ils vivent devant une société trop passive quant à la prise en charge de ces enfants, ne doivent pas être attisés par des querelles d'école. »

En résumé, Edwige Antier déplore cette proposition de loi qui prétend dicter leurs choix thérapeutiques à des médecins psychiatres et pédopsychiatres. Elle pense que ce n'est pas le rôle des parlementaires.

 

petition DE SOUTIEN à LA POSITION D’Edwige Antier

 

Les soussignés s’associent à Mme Edwige Antier pour déplorer une proposition de loi qui prétend dicter leurs choix thérapeutiques à des médecins psychiatres et pédopsychiatres. Ils pensent comme celle-ci que ce n'est pas le rôle des parlementaires.

 

Mme Judith Miller (Paris) – Dr Jean-Robert Rabanel (Clermont-Ferrand)

Dr Daniel Roy (Bordeaux) – Dr Alexandre Stevens (Bruxelles)

 


 

 

 

 

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http://www.champfreudien.be/

 

 

 

 

 

 

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Kriegel-Durant – L’après soirée 3

 

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L’après Soirée exceptionnelle à Bruxelles – 3

Blandine Kriegel- Isabelle Durant

 

Een boeiend debat !
 
 

par Jean-Claude Encalado

05/02/2012

 

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Kriegel-Durant – L’après soirée 2

 

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L’après Soirée exceptionnelle à Bruxelles – 2

Blandine Kriegel- Isabelle Durant

 

Een boeiend debat !
 
 

Sur YouTube

 

par Eric Costers 

02/02/2012

 

Les différentes interventions de la soirée, après l'autorisation de diffusion des différents intervenants, sont maintenant
sur YouTube en
9 parties pour une durée totale de 2h12min.
 
[Cliquez sur le lien]
  
(Part 01 – Celle-ci renvoie aux 8 autres)
 

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LE DIABLE, MILLOT ET MILLET

 

 

 

En ajout du programme d’activités, de séminaires, de conférence et d’évènements déjà établis jusqu’au mois de juin 2012,

 

dont vous retrouverez le programme détaillé à l’adresse suivante,

http://www.champfreudien.be/

ainsi que dans les annonces régulières de cette liste de diffusion,

 

l’ACF-Belgique

a dès aujourd’hui le plaisir d’annoncer qu’elle organise

trois rendez-vous exceptionnels supplémentaires

 

 

Le vendredi 24 février 2012

nous accueillerons à la Libraire Tropismes, à 19h

Anaëlle Lebovitz et

Deborah Gutermann-Jacquet

autour de la revue

LE DIABLE PROBABLEMENT

 

 

Le samedi 12 mai 2012

nous accueillerons pour une conférence-rencontre, en notre local,  la psychanalyste et écrivaine

CATHERINE MILLOT

à l’occasion de son œuvre et de la sortie de son dernier livre : Ô Solitude

 

 

Le samedi 26 mai 2012

nous accueillerons,

en collaboration et au

WIELS

grand musée d’art contemporain bruxellois,

CATHERINE MILLET

à l’occasion de la parution de son dernier livre d’entretien : D’art press à Catherine M

 

 

 

Ces trois évènements trouveront pleinement à s’inscrire et à s’articuler dans l’orientation du programme actuel de l’ACF-Belgique.

 

Toutes les informations complémentaires vous arriveront en temps utiles.

 

Notez-les déjà dans votre agenda !

 

 

 

 

 

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Kriegel-Durant – L’après soirée 1

 

 

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L’après Soirée exceptionnelle à Bruxelles – 1

Blandine Kriegel- Isabelle Durant

 

Een boeiend debat !
 
 
 

Note sur Kriegel, la République et la psychanalyse

 

Éric Clémens

 

01/02/2012

 

L’exposé de Blandine Kriegel, dans le sillage de son livre “La république et le Prince moderne”, a fort bien mis en avant la question de l’État de droit et la légitimité du Prince moderne devenu le représentant du peuple. La note d’Éric Laurent (http://www.lacanquotidien.fr/blog/2011/12/le-prince-cache/) articule cette position à la psychanalyse qui, partant du constat de la “politique comme identification” et du “fondement du signifiant-maître dans une distribution aliénée des jouissances” considère que le Prince légitime est seul susceptible de sortir des impasses de la loi norme et de la loi décision, non pas grâce à une loi naturelle liée aux illusions de la raison, mais dans la mesure où il réussit à “ne pas penser un sujet séparé de la substance jouissante”. Le dernier mot de cette politique est bien République.

 

Kriegel a certes ajouté “démocratique” à République. Mais, et l’intervention d’Isabelle Durant l’a immédiatement complété en invoquant la démocratie participative, la signification et la pratique de la démocratie dans cette politique républicaine du droit n’apparaît pas suffisamment. Kriegel laisse penser que la figure du Prince d’Orange et son “qui perd gagne” historique apparaît bien plus sûrement un fondement politique de l’État de droit que les “soulèvements démocratiques” comme ceux qui viennent d’avoir lieu dans plusieurs pays arabes. Ceux-ci, en effet, peuvent amener à détruire l’État de droit en donnant le pouvoir aux islamistes comme jadis le peuple allemand a porté légitimement Hitler au pouvoir. De même Lacan, après le soulèvement de 68, ne voyait – à juste titre en ce qui concerne la frange gauchiste – que le désir d’un maître. (Les avancées démocratiques, à tout le moins pour les femmes, n’ont cependant pas manqué dans les années qui suivent.)

 

L’objection qui apparaît suite aux insuffisances de ces positions vient d’abord des illusions sur le Prince légitime. Elle est apparue dans la discussion autour du rôle actuel des experts : l’éco-technocratie dirige les décisions des politiques, eux-mêmes issus de la particratie, dans le respect de la légalité. Seules les élections mettent une limite à ce pouvoir séparé, sinon isolé, mais dans le choix limité au système des partis. Autrement dit, l’objection est celle de la carence démocratique d’une conception républicaine, uniquement représentative et juridique, de la politique. Or que signifie la politique comme démocratie ?

 

L’essence de la politique n’est pas d’abord l’identification, même si cette pente est dominante, mais l’action des citoyens libres et égaux. Comme l’a pensé Arendt, l’action signifie la capacité de faire naitre, d’initier. Et elle ajoute que la parole, la prise de paroles est déjà une action, la première action. Le soulèvement comme la participation démocratiques, une participation au-delà de l’acte de voter, favorisent cette pratique de la politique dans son essence. Mais elles ne suffisent évidemment pas à éviter les aveuglements identificatoires. La question centrale devient dès lors : comment favoriser l’action des citoyens qui sont aussi des sujets de la jouissance ? Ne faut-il pas axer la politique républicaine sur la libération des initiatives citoyennes où le sujet, confronté au réel par l’action, perçoit sa division à travers les divisions du réel (entre l’action et le savoir, entre le passé et le présent, entre les classes ou les groupes sociaux, entre le pouvoir et la société… : toutes les divisions que seule l’institution démocratique indéfinie reconnaît) et peut affronter les errances où son désir de jouissance l’entraîne ? Après tout, ce fut l’expérience des échecs de l’action qui se voulait révolutionnaire des militants après 68. Pourquoi ne serait-ce pas celle des Arabes révoltés aujourd’hui ? Il ne faut pas oublier que c’est le juridisme américain qui, au nom des droits de l’homme,  a prétendu instaurer des Républiques démocratiques en Afghanistan et en Irak. Le Prince légaliste ne peut évidemment être légitime s’il est imposé par la force, a fortiori extérieure.

 

La république a besoin de démocratie signifie que l’État a besoin de citoyens, non seulement libres et égaux en droit, ce dont le pouvoir techno-économique s’accommode fort bien, mais de citoyens sujets de leurs actions et à même d’y affronter leur division. Le réel et la loi, les droits humains  inaliénables, garantis par l’État, sont bien entendu ce dont a besoin, pour ainsi dire en chiasme (et en alternances – mais ceci relève d’une autre discussion), la démocratie.

 

À l’évidence, il s’agit d’articuler toutes ces exigences, sans en négliger comme sans en privilégier aucune : celles du réel historique et de l’expérience des divisions irréductibles, celles de la démocratie et de son exigence de réinstitution perpétuelle, celles du droit et de sa garantie par l’État républicain, enfin celles de la psychanalyse et de ce qu’elle découvre de l’inconscient.

 

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Séminaire de recherche 2 février à 21h

 

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Prochaine séance du Séminaire de recherche

 Jeudi 2 février 

à 21 h


Nous poursuivrons notre lecture du séminaire XIX …ou pire, en commentant au plus près le texte, mais pas au plus près de tout le texte, la troisième séance, celle du 12 janvier 1972, et nous le ferons en alternant exposés et discussions.


Amour, logique et castration seront au programme.


Ce jeudi une intervention préliminaire est déjà prévue en attendant les vôtres : Sandrine Thyry commentera une phrase de la page 47 sur le "pas toutes les femmes".


Alexandre Stevens mènera ensuite avec Pascale Simonet le commentaire détaillé de cette séance en commençant par le début de cette séance. Ce sera l'occasion d'un débat continu avec les participants (qui auront donc lu ce chapitre 3).


Alexandre Stevens et Philippe Bouillot

Au local de l’ACF-Belgique : 37 rue du Prince Royal, 1050 Bruxelles

www.ch-freudien-be.org

 

 

 

 

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La nostalgie de l’avenir

 

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"LA NOSTALGIE DE L'AVENIR", un amor fati contemporain, intelligent et subtil.

PASCALE SIMONET

Le rideau vient de tomber sur La nostalgie de l’avenir au Théâtre Océan Nord, à Bruxelles, une adaptation originale de La mouette de Tchekhov, par Myriam Saduis, metteuse en scène, formée à la clinique psychanalytique et membre de l’ACF – Belgique.

Saluée par l’ensemble de la presse belge, cette adaptation intense et profonde est le fruit d’un très beau travail d’écriture où, par la grâce de montages/découpages audacieux, des mots de Pessoa, Philip Roth et Marilyn Monroe viennent épouser avec justesse la trame rugueuse du drame initial, donnant une fluidité toute contemporaine à l’étonnante modernité de Tchekhov.

« Il s’agit juste d’écrire, car cela coule du fond de l’âme », nous assure Myriam Saduis faisant siens les mots de Tchekhov. Avec finesse, elle nous propose une réflexion sur l’art liée à l’intimité d’une famille, et interroge ce que devient la transmission sur fond d’absence paternelle, tout en portant à l’incandescence les tourments obscurs des passions humaines.

 

Comment écrire ? À partir de quoi jouer ? À quoi sert le théâtre ? Que doit-il « représenter » et comment ? Comment créer en dehors du déjà vu, demandé, prévisible ? Comment s’en dégager pour aller ailleurs ? À partir d’où ? Comment fonder son travail, non à partir du regard de l’Autre, mais à partir d’une chambre à soi qui ouvrirait le monde et s’ouvrirait sur lui ? Comment résister à un art system qui ne « reconnait » que terrains connus et procédés et réclame, en même temps, avec fureur, de la nouveauté ? Que faire avec le désir et l’épreuve que constitue toute tentative de création ? Devenir un « faiseur » qui connaît son affaire ? S’enfermer dans une radicalité qui couperait de tous et du monde, risquant de devenir en elle-même un artifice ?

Toutes ces interrogations, Tchekhov (…) les a mises, de façon brûlante, au cœur de chacun de ses personnages. En leur faisant porter ces questions, qui les agitent, les interrogent, les séparent et parfois les unissent… il les rend vivantes pour nous, encore aujourd’hui.

Myriam Saduis

 

Située dans une logique de narration éclatée, La nostalgie de l’avenir s’ouvre sur le suicide de Constantin et se conclut sur cet acte. Les premiers mots – « Emmenez Irina n’importe où… son fils vient de se tuer ! » – électrisent d’emblée nos oreilles.

N’importe où…

Espace de mémoire et de réminiscence.

Sur une scène dépouillée, autour de ce lieu sans lieu, vont se rejouer violences et passions, plongeant les spectateurs que nous sommes au cœur d’une famille recomposée, auprès d’une femme qui refuse de vieillir et choisit de vivre avec un homme à peine plus âgé que son fils. Six personnages au lieu de treize – avec la transposition de l’un deux en version féminine – évoluent dans un espace théâtral conçu comme espace mental, nimbé d’une partition musicale subtile à plusieurs voix – Day is done de Nick Drake –, ponctuée d’inserts de John Cage et M.‑A. Dalbavie.  

Convoqués à une quête de vérité, nous voyageons dans l’après-coup, au plus près des souvenirs de chacun, stockés tout autant dans le secret des mémoires intimes que sur disque dur : Qui était-il ? Que lui est-il arrivé ? Que se passe-t-il pour cette mère-ravage dont le fils vient de se donner la mort ?

Mise en scène incisive, épure scénographique multi-dimensionnelle et musicalité choisie, inscrivent avec force comme décisif le courage d’épouser un destin, aimé jusqu’à en faire victoire subjective par delà l’échec, la douleur et l’absence. Défiant la fatalité, le spectacle se clôt sur le mot « continue »… reconduisant chacun au cœur de son propre désir et de ses choix…

Souhaitons à Myriam Saduis qui avait déjà porté à la scène une Affaire d’âme d’Ingmar Bergman ardente et passionnée et pour laquelle elle avait obtenu le Prix de la découverte de la presse francophone en 2009, de trouver de nombreux lieux d’accueil pour son nouveau spectacle, d’une intensité et d’une beauté peu communes. 

 

La nostalgie de l’avenir  est une expression d’Antoine Vitez, dans le journal du théâtre de Chaillot, à l’époque où il a pris la direction de ce théâtre comme posé sur une colline : « Il faut regarder la colline, elle est couverte d’ombres, et on pense à Jean Vilar ; il y en d’autres, plus anciennes, c’est une nostalgie qui nous attire là, on pourrait dire : la nostalgie de l’avenir. L’endroit provoque la recherche de formes nouvelles, comme d’autres endroits demandent le retour aux formes anciennes et l’hommage du passé…"

 Antoine VITEZ – Le Théâtre des idées, Ed. Gallimard.


Crédit photo : Serge Gutwirth

 

 

La Nostalgie de l’avenir

TCHEKHOV-SADUIS

Mise en scène et adaptation Myriam Saduis

Avec Florence Hebbelynck, Aline Mahaux, Tessa Volkine, François Demoulin, Fabrice Dupuy, Pierre Verplancken Scénographie Anne Buguet Lumière Xavier Lauwers Création vidéo Joachim Thôme Son Brice Cannavo Assistanat à la mise en scène Murielle Texier Assistanat scénographie Lucile Urbani Conseiller musical Jean-Luc Plouvier Coach Mouvement Vincent Dunoyer Diffusion Nathalie Kamoun Assistanat diffusion Marguerite Topiol

Une coproduction et accueil en résidence du Théâtre Océan Nord avec l’aide de la Communauté française – Service du Théâtre.

 

 



 

 

 

 

 

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Kriegel-Durant – Soirée exceptionnelle à Bruxelles – Een boeiend debat ! – 11

 

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Soirée exceptionnelle à Bruxelles – 11

Blandine Kriegel- Isabelle Durant

 

Een boeiend debat !
 
Till contre Darth Vader,
… et Tannekin
 

Philippe Hellebois me dit qu’il faut, pour ces billets qu’il apprécie et suit avec intérêt, écrire quelque chose sur Thijl Ulenspiegel.  Mais voilà, pris par la grande œuvre – chut ! – il envoie quelqu’un d’autre au front. Gil Caroz, me dit-il ? Ah, personnellement, je ne sais pas pourquoi, je trouve que c’est une idée qui colle. Mais il est lui pour le moment sur un front mondial… Quelques lignes au pas de charge donc.

Thyl (les différentes orthographes sont reçues) Ulenpsiegel ? Mais oui, bien entendu ! Guillaume d’Orange, bien sûr. Mais le temps passant, c’est devenu pour nous Outre-Moerdijck. Notre David, c’est en partie Astérix, certes, mais c’est surtout Til. Seul contre tous et les empires – dont Kriegel dit que le « moment décisif de bascule de notre monde » qui se produit dans ce moment hollandais qu’elle épingle porte justement cette marque structurale de se construire contre l’empire. C’est le mouvement même. C’est une position qui n’est pas sans attirer pour une part la sympathie du psychanalyste lacanien. D’ailleurs, lui, Lacan… Tenir tête contre les empires. Ce n’est pas pour rien, comme le fait remarquer JAM, que Philippe II n’est pas sans quelque ressemblance avec le Darth Vader de… L’empire contre-attaque – puisqu’on n’est pas sans savoir, s’il l’on a le peu de culture nécessaire, que sa figure ne sera pas sans évoluer – comme celle de Guillaume d’ailleurs. Je vous renvoie aux pages magnifiques de La république et le Prince moderne à ce sujet.

JAM. Tiens pourquoi lui, d’ailleurs ? Eh bien, il le dit, dans Lacan Quotidien, 100(http://www.lacanquotidien.fr/blog/category/lq-lacanquotidien/) : « Les Provinces-Unies contre « Les Espagnes », c’est David contre Goliath, c’est « comment Yukong déplaça les montagnes (encore une lecture que nous avons eue en commun Blandine et moi). C’est toutes proportions gardées, AMP contre IPA, ECF contre l’Amendement. On aura reconnu mon « sinthome » Horatius Coclès : tenir tête seul contre tous, ou cent contre mille, ou mille contre dix mille. Le faible ne dissuade le fort que si, côté concepts, il est trapu, idéologiquement paré, dense, imprenable, tout d’un bloc, sans division subjective (phrase qui a particulièrement retenu Philippe Bouillot, ndlr)[…] Ma dilection pour Guillaume [d’Orange] remonte loin. La devise « Je maintiendrai », je l’évoquais durant les combats de la dissolution (1980-1981)  - (dont le récent procès d’intention à l’encontre de Judith Miller par E. Roudinesco n’est pas sans en marquer un des retours – ndlr) -, car j’entendais en effet maintenir l’enseignement de Lacan – et intégralement, passe comprise – face aux liquidateurs de la petite « république d’École » lacanienne. Plus loin encore, je me demande si je n’ai pas été d’abord gagné à la cause néerlandaise par ce film qui m’avait enchanté enfant, Les aventures de Till Eulenspiegel. Le héros flamand […] » Till, l’espiègle. Eh bien nous y voilà de retour !

J’en retrouve un exemplaire par mon beau-père, qui, allez savoir par quels détours, est une édition francophone destinée à être étudiée à l’université de Moscou. Titre dans le plus pur style de la littérature picaresque : La légende et les aventures héroïques, joyeuses et glorieuses d’Ulenpsiegel et de Lamme Goedzak (à ne pas oublier effectivement, Lamme) au pays de Flandres  et ailleurs. C’est que c’est en français que Charles de Coster rend épique la figure de Till, et nous livre notre héros de ce côté-ci des Provinces en voie d’unification, au service de la nécessaire identification dont parle, à partir de Freud et de sa Massenpsychologie, Eric Laurent, dans LQ 113. Nécessaire identification à la naissance d’un sentiment national pour lequel notre Guillaume fera pragmatiquement appel à la Réforme, religion contre celle de l’empire catholique. Till incarne le cœur et l’esprit des Flandres (dans son sens historique qui va du Brabant, à Gand, de Tournai, au nord de la France actuelle, ses Ch’tis et son Paris-Roubaix) et évoque le folklore, le climat et les traditions, dixit Wiki. Mêlant l’histoire et le mythe, l’aventure d’une famille et celle d’un peuple, Till est surtout le défenseur de la liberté, celui qui a lutté contre l’oppression de Philippe II et du Duc D’Albe, le héros qui s’est dressé contre toutes les formes d’oppression. La préface de ma fameuse édition moscovite n’est pas sans rajouter que c’est de l’Ulenpsiegel de Charles de Coster qu’est tout simplement issue la littérature belge.

« Ulenspiegel alla donc à l’église suivi de toute la noce, et là il épousa devant le prêtre Tannekin si belle et si  mignonne, si accorte et bien en chair, qu’il eût volontiers mordu dans ses joues comme en une pomme d’amour. Et il le lui dit, n’osant le faire par respect qu’il avait de sa douce beauté. Mais elle, boudeuse, lui dit :

— Laissez-moi, voici Hans qui vous regarde pour vous tuer.

Et une fillette jalouse lui dit :

— Cherche ailleurs ;  ne vois-tu point qu’elle a peur de son homme ?

Lamme se frottant les mains, s’écriait :

— Tu ne les auras point toutes, vaurien.

Et il était tout aise. »

 

C’est que jusqu’à présent la liste des noms est longue d’hommes. Rajoutons-y quelques amis, BHL, Sollers – qui semble avoir eu son moment, on espère court, nietzschéen turinois lors de sa dernière conférence au Collège des Bernardins (http://www.pileface.com/sollers/article.php3?id_article=1246&var_mode=recalcul), etc.

 

C’est que Seul contre tous, s’inclut néanmoins dans une logique du tout. Et voilà Tannekin. Et Lamme Goedzak : pas toutes. Le féminin ouvre aussi l’accès à une autre jouissance. Il s’agit là d’autre chose, qui résiste à entrer dans le champ du droit et du pour tous, qui va de pair avec l’exclusion de ce qui y objecte. Du féminin, par exemple. Ou de la psychanalyse, pour prendre au hasard un autre exemple. Le monde se féminisant, ce n’est peut-être pas sans conséquences et effets. Ce n’est probablement pas pour rien que nos deux invitées sont des femmes. Lisez à ce sujet les questions adressées par Lilia Mahjoub (LQ 107) à Blandine Kriegel.

 

À la lecture vite, d’ici mardi, car tout cela est passionnant ! Encore une hésitation à venir ?

 

Yves Vanderveken

28/01/2012

Le mardi 31 janvier, à 18h30 au BIP, Place Royale, entrée 10-11, à Bruxelles. P.A.F. : 10 euros

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Compte rendu de la première rencontre du cycle de conférence du Bureau de Ville de Liège de l’ACF-B

 

 
Compte rendu de la première rencontre du cycle de conférence du Bureau de Ville de Liège

PROCHAINE RENCONTRE LE 10 MARS

Il y a quelques semaines, le Bureau de Ville de Liège avait le plaisir de recevoir Patricia Bosquin-Caroz.

 

Avant de nous faire une communication sous le titre "Une version féminine de l'amour et le désir de l'analyste", Patricia a commenté les cas présentés par deux collègues, Annette Gouzou et Bernadette Schifflers.

 

Trois cas donc ont été discutés pendant cette journée de travail, trois cas de femme. La douleur d'amour en était le trait commun : Madame M est indignée quand son amant la quitte, Iso aime des hommes jalousés par les autres femmes, Marta s'accroche à des hommes qui la font souffrir.

 

La rencontre avec des praticiens orientés par l'enseignement de Jacques Lacan a permis à ces femmes, nous a dit Patricia, qu'elles inventent un discours amoureux à la fois classique et pourtant extrêmement singulier.

 

Cette journée, très clinique, était la première rencontre du cycle de conférence du Bureau de Ville de Liège de l'ACF-B. Le prochain rendez-vous est fixé le 10 mars. Nadine Page propose de nous parler de la drogue et de ses fonctions, et des réponses qu'on peut y apporter.

 

David Beelen

 

 

 

 

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Kriegel-Durant – Soirée exceptionnelle à Bruxelles – Een boeiend debat ! – 10

 

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Soirée exceptionnelle à Bruxelles – 10

Blandine Kriegel- Isabelle Durant

 

Een boeiend debat !
 
Du passé au présent, vers l’avenir
 
“Nous y insistons : le catalyseur de cette théologie politique renouvelée, fondatrice d’un droit politique moderne, de la république de l’Etat moderne, c’est-à-dire de l’Etat de droit, c’est bien Bodin et ce sont les Français qui l’ont promulgué et élaboré : il s’agit ici, ni plus ni moins, de l’invention d’une forme politique originelle par laquelle la république, quels que soient ses gouvernements, monarchique, aristocratique ou démocratique, se réduit enfin à la loi unificatrice de l’Etat, la même pour tous, qui ferme, par le bas, toutes les prétentions des vieilles associations féodales qui distribuaient le pouvoir et la puissance et qui interdit, vers le haut, toute intervention d’un César-Christ transcendant, incarné au XVIème siècle par l’union de l’Empire de Philippe II et de l’Eglise catholique romaine universelle.  De quelle façon, selon quelles modalités, cette loi sera-t-elle promulguée (par l’arbitraire à priori d’une décision ou par l’arbitrage à posteriori d’un jugement), cela reste encore en suspens, mais en-deçà de cet axiome de choix que donne le modèle de la république d’Etat.  Et, quels que soient l’importance ou le poids reconnus à la longue histoire de la république médiévale des cités, toutes les républiques modernes, [...] seront tributaires de cette élaboration de l’Etat républicain.  Toutes les républiques modernes (les républiques fédérales décentralisées de même que les républiques souveraines unes et indivisibles) possèderont un Etat. Toutes exciperont, au moins vis-à-vis des puissances étrangères, de leur souveraineté indépendantes.  Toutes enfin, choisiront la loi pour arbitrer le choc des conflits.  Toutes disposeront donc d’un Etat de droit. [...]
 
Elle est bien, par son origine, pleinement européenne. [...] C’est ainsi qu’après l’émergence  de la première république moderne des Pays-Bas du Nord, qu’on va convenablement rebaptiser Hollande par métonymie, viendront consciemment ou inconsciemment se refléter et se ressourcer dans son incomparable lumière les républiques qui vont suivre [...]
 
Existe-t-il une éternité de cette république pour les siècles et les siècles ? Pas du tout, pas le moins du monde ? [...]
 
Parvenue à cette impasse, la République deviendra en effet “incertaine”, ainsi que je l’ai baptisée naguère, et le mouvement qu’elle instaure se trouvera, en effet, retranchée dans l’impasse machiavélienne [...]
 
Le moment “Guillaume d’Orange” engendre deux grandes insurrections de la pensée : l’Etat de droit républicain et l’Etat fédéral unifié. La première finit par triompher, non sans impasse et tribulations à l’échelle de tout notre continent (car nos monarchies parlementaires, en Angleterre, en Espagne, en Belgique, ou en Scandinavie, ne sont que des républiques comme les autres). Mais la seconde, en particulier l’idée d’une république fédérale européenne, nous le savons bien, se porte fort mal aujourd’hui. La monnaie unique, les divergences croissantes de comportements économiques de certains de ces pays périphériques notamment, tout cela l’irrite et risque de la désagréger. Ici, me dire-t-on, peut-être touchons-nous enfin au point de saturation de notre Big Bang mis à mal par les comportements à haut risque de la finance mondialisée.
 
Bref nous voici arrivés aux problèmes actuels, trop actuels, de la république européenne d’aujourd’hui. Le croit-on vraiment, et ces problèmes ne seraient-ils que ceux de notre temps ? Hier déjà, les différents acteurs de la scène politique européenne s’efforçaient, chacun dans son camp, de rapporter la conjoncture qu’ils traversaient à des données plus simples, plus machiavéliennes. [...]
 
Notre problème est peut-être beaucoup moins différent aujourd’hui de ce qu’il semblait être naguère. Car le grand dessein nous apparait comme plus concret que jamais, grâce à l’obstination mémorielle de Sully. De quoi s’agit-il en effet, sinon, aujourd’hui, comme hier d’une union politique ?”

B. Kriegel, La République et le Prince moderne, pp. 310, 311, 313, 316.

 

Le mardi 31 janvier, à 18h30 au BIP, Place Royale, entrée 10-11, à Bruxelles. P.A.F. : 10 euros

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Kriegel-Durant – Soirée exceptionnelle à Bruxelles – Een boeiend debat ! – 9

 

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Soirée exceptionnelle à Bruxelles – 9

Blandine Kriegel- Isabelle Durant

 

Een boeiend debat !
 
 
 Au-delà de l’anecdote
 

“Il incarne bien un mythe, mais ce mythe porte aussi un concept nouveau du politique : c’est un mythe qui a la force d’un concept. [...] Oui, [...] Guillaume d’Orange-Nassau est bien le grand homme de la fin du XVIè siècle [...] Car il est l’esprit des Provinces-Unies, qui est l’esprit de la république moderne. Il a légué à la sagesse des nations européennes des devises devenues proverbiales dont on ne sait pas toujours qu’il en est l’auteur : l’esprit de la patrie conservée : “ Je maintiendrai” ; l’esprit de la révolte et de la résistance : “Il n’est pas nécessaire  d’espérer pour entreprendre et de réussir pour persévérer”, l’esprit du bien commun et de l’intérêt général : “L’union fait la force”.

 

Que devons-nous à Guillaume d’Orange sinon ce passage de l’évènement au concept : l’évolution à l’intérieur de la politique impériale, des groupements de provinces, d’aristocratie et de cités vers la république, par un processus nouveau et étrange qui articule les républiques de cité à la république d’Etat, une innovation historique sans précédent véritable ?”

 

B. Kriegel, La République et le Prince moderne, p. 103.

 

Le mardi 31 janvier, à 18h30 au BIP, Place Royale, entrée 10-11, à Bruxelles. P.A.F. : 10 euros

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PRÉCISION – RÉSERVATION – ULTIME RAPPEL – Kriegel-Durant – Soirée exceptionnelle à Bruxelles

 

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PRÉCISION

N’APPARAISSANT JUSQU’A PRÉSENT QUE SUR L’AFFICHE ET SUITE AUX QUESTIONS, CE MESSAGE EST L’OCCASION DE RAPPELER LE

PRIX D’ENTREE :

10 EUROS

ULTIME RAPPEL

RESERVATION NECESSAIRE

Soirée exceptionnelle à Bruxelles

Blandine Kriegel- Isabelle Durant

A cause du nombre de places limitées et d’impératifs de sécurité ne permettant en aucun cas de dépasser ce nombre, il faut réserver sa place à cette soirée, si vous ne souhaitez pas prendre le risque d’être refoulé à l’entrée.

Rien de plus simple. Ne faites pas compliqué !

Il suffit d’envoyer un mail à l’adresse suivant

poblome.guy [arobase] gmail [point] com

avec comme objet du mail

RÉSERVATION + [votre NOM]

Attention. Les places de ceux et celles ayant réservé, mais qui n’auront pas retiré leur billet d’entrée à 18h40 au plus tard, seront proposées à d’autres personnes désireuses d’entrer.

Il n’y aura pas d’exception à cette règle.

 

Le mardi 31 janvier, à 18h30 au BIP, Place Royale, à Bruxelles.

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TION – ULTIME RAPPEL – Kriegel-Durant – Soirée exceptionnelle à Bruxelles

Kriegel-Durant – Soirée exceptionnelle à Bruxelles – Een boeiend debat ! – 6, 7 & 8

 

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Soirée exceptionnelle à Bruxelles 6, 7 & 8

Blandine Kriegel- Isabelle Durant

 

Een boeiend debat !
 
 
 Une alchimie
 

Le livre de Blandine Kriegel, la République et le Prince moderne, est à la fois facile à lire et un travail de recherche d’une précision érudite à couper au couteau.

En ces temps où les « printemps arabes » et les aspirations démocratiques se couplent à la montée occidentale de la méfiance du peuple envers les élites, ainsi qu’à une crise de la représentation, Blandine Kriegel se montre pressée de rattraper le retard français pris sur la recherche anglo-saxonne concernant le droit politique, l’histoire et la philosophie des idées et des principes de la république. Elle nous convoque, par là-même, à la nécessaire redéfinition de la notion du régime politique moderne qui a gagné la faveur générale – celle de république (fût-ce dans les formes différentes qu’elle peut prendre). Elle en réinterroge ses origines et ses fins. Prenant soin d’ailleurs de nous inviter à la dissocier de ce que nous confondons trop souvent avec la démocratie, dès lors qu’une république peut très bien par les urnes, les exemples sont nombreux, aboutir à un autre régime que démocratique.

Ce faisant, plusieurs thèses et découvertes émergent.

La plus prégnante est sa découverte, motivée et démontrée, que l’émergence de la République dans sa forme moderne et du type de pouvoir qui lui est consubstantiel, ne sont pas tant filles de la Révolution française, ni même, comme nous le pensons trop souvent, qu’elles sont en filiation, du moins directe, avec la cité antique (grecque et romaine) ou les républiques des cités de la Renaissance (Venise, Florence, Hambourg, etc.) L’émergence de ce que Blandine Kriegel nomme la république moderne procède bien d’un moment de rupture, d’un évènement au sens strict du mot, ni plus ni moins d’« un moment décisif de bascule de notre monde » : l’insurrection des Pays-Bas, ou encore de « la guerre des Flandres », contre l’empire espagnol de Philippe II, au 16ème siècle, qui aboutira à la naissance des Provinces-Unies. Précédant la création de la Belgique trois siècles plus tard, sont ici concernées nombre de nos contrées : le Brabant, Bruxelles, Gand, Tournai, etc. Et que cet évènement procède aussi, au-delà des conjonctures historiques, pour une part essentielle, du désir d’un nom incarné – Guillaume d’Orange. Ce qui pourrait ne sembler un oxymore que pour ceux pour qui le Signifiant-maître, ou le désir d’Un, ne peut consonner qu’avec un danger potentiel de tyrannie. C’est justement, à un niveau politique, cet apparent oxymore, ce paradoxe, entre un pouvoir souverain absolu et pourtant limité que Guillaume d’Orange va s’atteler à vouloir résoudre et qui aboutira à une nouvelle forme de pouvoir. Il s’appuiera sur un triptyque fait de droit de l’État ou des États-Généraux, de droits de l’homme et de fondement de droit républicain reposant sur le consentement, c’est-à-dire sur un contrat d’obligations mutuelles. Il s’en dégagera la dimension du pouvoir représentatif, rendu nécessaire du fait de l’étendue du territoire à gouverner.

Pas moins surprenant, est que quelques intellectuels français, dans l’après massacre de la Saint-Barthélemy, se rendront aux côtés de la révolte certes pour la soutenir, mais surtout pour écrire et élaborer, en droit, les principes qui fonderont la nouvelle figure du pouvoir qui en émergera. C’est la figure de l’intellectuel engagé, cher à la République des lettres, qui se fonde là dans le même mouvement. Le type de « l'écrivain-mercenaire, aventurier des armes et de l'esprit, élément précurseur d'une insurrection qui n'est, a priori, pas la sienne mais dont il embrasse néanmoins la cause » comme le dit Bernard-Henry Lévy dans son Bloc-Notes du Point, et dont on saisit pourquoi il lui est, dans le moment actuel, cher.

Voilà pour l’histoire.

Mais ce faisant, épinglant ce moment, ses conditions et les éléments qui le composent, c’est à une histoire politico-juridique du pouvoir en occident, à une véritable généalogie du pouvoir que se livre Blandine Kriegel. Elle en extrait, selon ses termes, les structures, les formules. Elle en livre les mathèmes comme nous le dirions en termes lacaniens, les signifiants-maître.

Les principes qui y conduisent trouvent leur source dans l’humanisme érasmien et la Réforme. Le culte de la liberté de conscience – qui donnera à Guillaume d’Orange les contours de son caractère, d’où émerge sa ténacité que traduira son fameux « je maintiendrai » – en procède. De même que l’émergence d’une forme d’égalité et d’individualisme qui trouveront à s’incarner dans les droits de suffrage, où un homme (et par après une femme) égale une voix – source de l’universalisme, l’émergence d’un pour tout x, comme le soulignera Jacques-Alain Miller dans la présentation de La République et le Prince moderne, à l’École Normale Supérieure.

La pépite du livre, comme il s’exprime, se situe dans l’étude d’un texte fondateur, que Blandine redécouvre et qu’elle finit, après recherches, parce que le livre était resté mystérieux et le nom de l’auteur caché, par pouvoir attribuer à ces quelques intellectuels français dont nous avons déjà parlé : Vindiciae contra TyrannosLes vindictes ou les vengeances contre les tyrans. Un nom s’impose là, Jean Bodin, dont la doctrine politique s’y trouve utilisée. Il pose les conditions de la nouvelle forme du pouvoir qui en émerge, et fonde par là-même, en droit, – et c’est tout-à-fait nouveau – les conditions d’un droit du peuple à démettre son Prince, lorsque celui-ci devient tyran d’outrepasser le droit que lui-même impose ou s’il ne respecte pas ses engagements. S’y dessinent les linéaments d’un droit d’ingérence. C’est une figure nouvelle qui émerge-là. Celui de l’homme de pouvoir qui accepte d’être lui-même soumis à la loi, au pour tout x, qu’il impose au peuple. Il devient lui-même sujet de la loi et de l’universalisme unificateur de la loi. Cela nécessite qu’il se désacralise, pour finir par relever plus du modèle hébraïque de l’Alliance, où les rois ne sont pas la loi, mais en sont les dépositaires. Ce sont des maîtres et des rois « pauvres », écrasés par leur tâche et au service de la fonction qu’ils incarnent et qui les dépasse à la fois. Autrement dit, le puissant, tout-puissant qu’il soit, n’est qu’un administrateur, un serviteur public. C’est ce qu’accepte et promeut Guillaume d’Orange, pour justifier en droit, le droit de se révolter contre l’empire espagnol catholique. C’est ce que Blandine Kriegel appelle l’émergence du légicentrisme, où la loi et le droit deviennent centraux.

Ce livre décrit, dira encore Jacques-Alain Miller, la capture du maître, de la fonction du maître par le droit, par la loi.  C’est pourquoi Bodin, et ce traité, c’est un anti-machiavel. « À la place des modèles politiques qui furent ceux de l’empire et de la féodalité, Bodin a accompli l’unification et la pacification du corps politique dont le principal attribut sera désormais la loi.  Nous suivons donc dans ce livre comment émerge, disons, cette fonction du Un pacifique, du Un avec une majuscule, sans lequel la république moderne est impensable et qu’elle incarne. C’est-à-dire, un ensemble de sujets où il n’y a pas de place pour la guerre, où il n’y a plus de raison de résister.  Ça suppose que vienne à régner le Un universel, à savoir que pour tout sujet, il est sujet de la loi.  Et que se trouve effacé, si je puis dire, le au-moins-un qui ne serait pas sujet de la loi, l’exception qui serait Autre. […] (Là où) Le Prince machiavélien jouit (lui) d’une domination sans limite, c’est-à-dire que cette figure, la figure du Prince machiavélien exacerbe ce qui du pouvoir déborde toute contrainte, déborde le droit, déborde toute articulation juridique et, si on réduit le savoir à l’articulation de signifiants, déborde tout savoir. » C’est cette position centrale et nouvelle du maître moderne qui va déterminer – et sera déterminée en retour par – un certain nombre de conditions du pouvoir et de formes juridiques de celui-ci sur lesquelles je ne m’attarderai pas ici, et sur lesquelles Blandine Kriegel aura peut-être à cœur de nous entretenir.

Ce livre est essentiel et ouvre à de nombreuses questions que nous devrons aborder avec l’auteur lors de notre soirée. Elles pourraient être amorcées, dans une autre livraison de ces billets.

Il intéresse au plus près le psychanalyste dans son exercice même. C’est pourquoi, l’Association de la Cause freudienne en Belgique et le Kring voor psychoanalyse, sous l’égide de l’EuroFédération sont à l’initiative de cette soirée. D’abord parce que Lacan pointait, dans une formule lapidaire, que l’inconscient, c’est la politique. Formule mal comprise, disait Jacques-Alain Miller, lors d’une soirée organisée par l’Ecole de la Cause freudienne au théâtre saint-Germain, autour du livre de Bernard-Henri Lévy, La guerre sans l’aimer. Si la politique intéresse dans son exercice même le psychanalyste, c’est parce qu’elle procède, et cela c’est freudien, de l’identification. À ce titre, elle a une influence et détermine les formes identificatoires contemporaines, ce qui se répercute sur les formes des symptômes qui sont des protestations contre le maître et la maîtrise. Par ailleurs, la politique intéresse la psychanalyse en ce qu’elle ne peut émerger et exister que sous certaines conditions, qui en sont ses conditions de possibilité. Ce livre invite, nous disait Jacques-Alain Miller, à rajouter ce moment historique – le registre de la souveraineté – comme une des nouvelles conditions de possibilité de la psychanalyse, aux côtés de celles déjà épinglées par Lacan. Celle du basculement du savoir du côté de la science à partir du cogito cartésien et de la foi déterministe du tout a une cause. Croyance sans l’appui de laquelle Freud n’aurait pas pu inventer la psychanalyse. Et celle dans le registre de la société et de sa dimension de répression sociale. Rajouter donc ce moment historique comme une des conditions juridico-politiques de la psychanalyse qui sont à la fois à chercher dans l’individualisme, de l’Un-tout-seul, comme s’exprime Lacan, et l’universalisme. Il y aura donc dans cette soirée, un enjeu politique, au sens de la psychanalyse. L’enjeu qu’a le psychanalyste à s’interroger sur la politique et la figure du maître moderne.

Tout cela suffirait déjà à rendre raison de notre invitation d’Isabelle Durant, « une politique », qui plus est « européenne », à cette soirée. Mais au-delà de cela, il y a aussi un enjeu politique tout court, dirai-je, à cette rencontre. C’est que le livre de Blandine Kriegel, en dessinant les linéaments structurels, dans ce moment historique de bascule, de la figure du maître moderne ouvre sur l’horizon. Au moment où l’Europe est à une croisée des chemins et se cherche pour savoir si elle pourra sortir de la crise, et financière et de la représentation, en se forgeant un destin et un dessein politique, de même qu’au moment où le pouvoir décisionnel du politique semble de plus en plus se paralyser, se pencher sur le livre Blandine est doublement nécessaire.

D’abord parce que ce dessein politique, c’est le rebond de ce qu’il y avait déjà en germe, dans ce moment historique. L’idée d’une république européenne, d’une unification des nations, d’une union des provinces, est y déjà présente, en droit et en pensée. Le livre de Blandine Kriegel se termine d’ailleurs sur cette question de « La république européenne à la lumière dorée de la république de Hollande ». Elle permet d’en poser les conditions d’une possible émergence, voire les impasses potentielles.

Nous terminerons ce billet d’aujourd’hui et de demain sur un autre point de convergence essentiel entre le politique et la psychanalyse. Si la psychanalyse est aujourd’hui poussée à faire reconnaître de plus en plus la particularité de chacun, y a-t-il une contradiction entre le principe universel « tous les mêmes » et le principe du respect de la particularité de chacun ? Cette question converge, faisait remarquer Gil Caroz en adressant l’invitation à Isabelle Durant de participer à cette soirée, avec la tension existante entre l’idée d’une « République européenne » centralisée et les revendications particulières et locales des nations qui la composent. Dans le contexte de la crise économique actuelle, ces questions qui touchent à la solidarité entre nations européennes sont d’une actualité brûlante.

 

Yves Vanderveken

Le 24 janvier 2012

Le mardi 31 janvier, à 18h30 au BIP, Place Royale, entrée 10-11, à Bruxelles.


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Kriegel-Durant – Soirée exceptionnelle à Bruxelles – Een boeiend debat ! – 5

 

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Soirée exceptionnelle à Bruxelles – 5

Blandine Kriegel- Isabelle Durant

 

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Kriegel-Durant – Soirée exceptionnelle à Bruxelles – Een boeiend debat ! – 4

 

 

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Soirée exceptionnelle à Bruxelles – 4

Blandine Kriegel- Isabelle Durant

 

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