Champ freudien

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SOMMAIRE DU NUMERO 2 (mars 2012)

Clinique

clinique

Transmettre sa langue pour s’arranger de ses voix

par Céline Authier

  Carlo arrive à la consultation en 2009 : il entre et sort du bureau, les entretiens avec Serena durent quelques…

clinique

De la folie d'amour à l'amour dans la folie

par Augustin Ménard

Ce titre joue sur l’équivoque que Lacan entretient lorsqu’il énonce : « tout le monde est fou, c’est-à-dire délirant », et qu’il affirme…

clinique

Sanction et traitement de l’Autre. Quelle responsabilité pour le sujet ?

par Colette Richard

Lacan situait au même point la volonté de jouissance, c’est-à-dire l

Rencontre

rencontre

Une rencontre avec l’ARS du Nord Pas-de Calais (1)

par Dominique Holvoet et Marie Brémond

    Le 9 septembre 2011 nous rencontrions deux responsables de l’ARS du Nord Pas-de-Calais afin de les interroger sur…

rencontre

Une rencontre avec l’ARS du Nord Pas-de Calais (2)

par Dominique Holvoet et Marie Brémond

Le Schéma régional d’organisation médico-social C'est un très gros secteur ! C'est un secteur qui a 

Regard

regard

Le Corbusier, l’homme à construire, Du projet à la nomination (première partie)

par Claire Brisson

Le Corbusier est le nom sous lequel Charles-Edouard Jeanneret publie 

Marque-Page

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Hélène Deltombe, Les enjeux de l'adolescence

par Sophie Simon

Véritable passage traumatique, l'adolescence trouble et interpelle les parents, l'école et les cliniciens par ses manifestations 

Épinglage

Épinglage

PIPOL 5 : La Santé mentale existe t-elle ?

par Guy Poblome

PIPOL 5 fut un événement à plusieurs titres. Il est parvenu à nouer trois dimensions indispensables pour atteindre son 

Ailleurs

ailleurs

Attachad(a)

par Dinorah Otero

Malaise dans le champ de la santé mentale américaine Après avoir commencé mon analyse, alors que j’écoutais des présentations de

Courtil Papers

courtil papers

Institution of the Phantasm, Phantasms of the Institution

par Éric Laurent

In a school that refers to the teaching of Lacan, how can one not set out from his text, « Les…

courtil papers

Attachad(a)

par Dinorah Otero

After I began my analysis, when I was listening to clinical case presentations at the first Seminar I attended in…

Conférence du Champ Freudien et de l’ACF

 

 

 

 

Cycle des conférences du Champ Freudien en Belgique et de l’ACF

 

François Leguil

Membre de l’École de la Cause Freudienne

 

L’évènement de corps et la différence des sexes

 

 

Le samedi 24 mars 2012

 

 

 

Au local de l’ACF-Belgique : 37 rue du Prince Royal, 1050 Bruxelles

Accueil à partir de 14h45 à conférence à 15h

www.ch-freudien-be.org

 

 

 

 

 

 

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Epinglage de la conférence de Philippe Lacadée à Charleroi

 

 

image

 

Épinglage de la conférence

de Philippe Lacadée

à Charleroi

 

Nous avons valsé avec Robert Walser

 

Hier, samedi 3 mars, Philippe Lacadée s’est fait pour nous à Charleroi le passeur de Robert Walser. Il nous a fait passer le désir d’en savoir plus sur cet auteur méconnu, inventeur d’une écriture et d’un style tout à fait particulier (les microgrammes).

 

Walser, né en Suisse au 19ème siècle et 6ème enfant d’une fratrie de huit, a commencé par écrire des romans. Cette écriture-symptôme a sustenté son corps en l’appareillant à la plume jusqu’à sa première crise, celle qui l’a appelé la crise de la main. Ce qui le faisait tenir jusque-là était le rapport à son double, son frère Carl, l’aquarelliste. Ce double imaginaire habille le vide que Walser appelle aussi un ravissant zéro tout rond qu’il aspire à incarner. Mais son frère lui apprend qu’il va se marier et Robert se retrouve sans image du corps. Il se disloque, a le sentiment que la plume s’autonomise, qu’elle écrit des choses de son propre vouloir, que son être se répand comme l’encre sur la feuille. Sa main est en panne, il ne peut plus écrire. Il sortira de cette crise en inventant le territoire du crayon, écriture-sinthomatique qui va lui permettre de tenir encore dans le monde un certain temps mais qui est déjà dans un champ hors du lien social. Il n’écrit plus qu’au crayon et en lettres très minuscules sur des supports improbables, comme des factures d’électricité par exemple. Il n’intitule plus ses écrits mais les numérote. Son dernier roman « Le brigand » a été reconstitué par des spécialistes à partir de plusieurs dizaines de microgrammes. Il vit seul, dans une position éminemment ironique, se faisant le commis de l’autre, la servante, ce qui le fait « gaminer ». Vous entendez là bien sûr ce qui le fait jouir. Paradoxalement la position de servante qu’aime à occuper Walser n’est pas du tout une position de soumission à l’Autre, bien au contraire c’est une position fondamentalement ironique et qui prend le pouvoir sur l’Autre. C’est une position de liberté, d’un sujet qui ne consent pas à perdre quelque chose de lalangue pour s’intégrer dans la langue universelle.  Walser s’entend lui-même, il entend tous les bruits autour de lui comme des choses qui lui parlent,  ainsi que ses propos il entend aussi les bruits. Il y a de l’écrit dans la parole et pour Robert Walser, c’est constamment dans sa vie que cela parle.

 

Finalement de plus en plus isolé, ne payant plus ses factures, répondant des choses les plus étranges à sa logeuse parce que ne répondant pas dans le champ du sens mais celui du bruit des mots, Walser sera interné dans un asile où il se sentira mieux, à l’abri du monde qui lui demande trop. Là il se mettra à la promenade dans la neige, c’est son corps même qui deviendra ainsi l’outil de l’écriture sur la feuille blanche. Il réalisera ainsi ce que lui-même avait annoncé des années plus tard, on le retrouve mort dans la neige, tache noire sur fond blanc.

 

Philippe Lacadée nous a offert grâce à son travail et son enthousiasme une après-midi riche d’enseignements sur ce qu’est la structure de la schizophrénie et ce que peut être pour un sujet le choix d’une position résolument autistique. Il nous a aussi fait découvrir les inventions de Robert Walser et son style incomparable. Robert Walser grâce à ses écrits nous parle de l’impossible qu’il rencontre avec l’Autre du langage. Là encore l’artiste précède le psychanalyste en témoignant d’un rapport tout à fait particulier à la langue bien avant que Jacques Lacan ne le théorise avec la lalangue.

 

Katty Langelez

 

 

 

 

 

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Atelier de psychanalyse appliquée – Session 2012-2014

 

 

Atelier de

psychanalyse appliquée

à Bruxelles

Session 2012-2014

 

Une nouvelle session de l’atelier de psychanalyse appliquée à Bruxelles débutera en octobre 2012, pour une durée de deux ans. Chaque année comportera neuf séances qui se tiendront le samedi de 14h à 19h.

 

Chaque séance comportera trois parties : la première sera consacrée à la lecture d’un texte de Lacan ; la seconde à la présentation d’un cas de leur pratique par deux participants ; et la troisième à l’intervention d’un collègue invité à propos de son travail en institution.

 

Pour ces trois parties, une part active sera demandée à chacun des participants. Pour la lecture de textes, il s’agira de rendre compte de manière condensée d’une référence dudit texte ; pour la troisième partie, d’intervenir dans la discussion de manière préparée par la lecture préalable des textes qui auront été recommandés.

 

La participation à l’atelier exige par ailleurs de chaque participant qu’il assiste au moins à un cours théorique de la Section Clinique et à une présentation de malades, que ceux-ci aient lieu à Bruxelles ou en province.

 

Les participants à l’atelier seront peu nombreux et une présence régulière sera requise pour chacune des activités, y compris le cours théorique de la Section Clinique et la présentation de malades qui font partie intégrante du cursus de l’atelier et que les participants auront choisis.

 

Le prix de l’inscription à l’atelier de psychanalyse appliquée est fixé à 500 euros, par année. Il comprend l’accès à toutes les activités de la SC à Bruxelles ou en province.

 

Les personnes intéressées sont priées de faire parvenir leur demande à Monique Kusnierek, monique.kusnierek [arobase] skynet [point] be, et ceci au plus tard le 30 mars 2012.

 

Monique Kusnierek

 

 

 

 

 

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DECALRATION DES CARTELS A L’ECF – DATE LIMITE

 

L’INSCRIPTION DES CARTELS À L’ECF

 

Date limite :

le 16 mars 2012

 

 
La date limite d'inscription des cartels à l'ECF est fixée au 16 mars 2012.
 
Les cartels, déjà inscrits en 2011 et poursuivant leur activité en 2012, sont invités à se réinscrire pour l'année 2012 s'ils souhaitent figurer dans le catalogue.
 
Cette proposition est adressée à tous les cartels qui souhaitent se déclarer à l'ECF,  qu'ils préparent ou non la Journée qui sera organisée par le Conseil de l'ACF-Belgique en septembre 2012.
 
Le catalogue des cartels est destiné à permettre l'échange entre les cartels.
 
La procédure d'inscription est la suivante :
 
1°) Se rendre à l' adresse http://cartels-ecf.org/
2°) Taper le nom d’utilisateur : ecfcartels
    et le mot de passe : 2011

3°) Cliquer sur l’onglet "Créer un cartel". Il vous sera demandé : le titre du cartel ; la rubrique dans laquelle il s’inscrit ; le sujet de travail propre à chacun des cartellisants et celui du plus-un ; les coordonnées de chacun des membres du cartel (en particulier téléphone et adresse électronique).

Monique Kusnierek
Déléguée aux cartels pour l'ACF Belgique

 

 

 

 

 

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Lacadée ce samedi à Charleroi

  COURRIER DU CHAMP FREUDIEN EN BELGIQUE  

En fichier joint l'affiche annonçant l'intervention de Philippe Lacadée à Charleroi le 3 mars prochain dans le cadre du CRIPSA.
Merci d'afficher dans vos valves. 
CRIPSA---Affiche-Lacadée.jpg

INSCRIPTION DES CARTELS A L’ÉCOLE

 

L’INSCRIPTION DES CARTELS À L’ÉCOLE

et la

Journée d’Étude

de l’ACF-Belgique

 

 

Vous venez de l’apprendre, le Conseil de l’ACF-Belgique organisera le 8 septembre prochain une Journée d’Étude consacrée au dernier cours de J.‑A. Miller, L’Être et l’Un. Cette Journée se déroulera en quatre séquences : les trois premières sur le mode du cartel, de la mise en série de différentes lectures du texte, discutée à la tribune avec le plus-un ; la quatrième, dite Grande conversation de l’ACF-Belgique, sur le mode de la conversation élargie à tous les participants comme son nom l’indique.

 

La lecture préalable de L’Être et de l’Un est bien sûr recommandée à chacun des participants à la Journée, qu’il intervienne ou non. Il y a fort à parier, en effet, que le gain de savoir que l’on obtiendra de cette journée sera proportionnel à la mise qu’on y a apportée.

 

Vous venez de recevoir par ailleurs, via la liste ecf-messager, la nouvelle procédure de déclaration des cartels à l’École. Cette annonce tombe on ne peut mieux, juste à point. (voir ci-après)

 

Elle va permettre à un certain nombre d’entre vous, je l’espère, de faire d’une pierre deux coups : se mettre à l’étude de L’Être et de l’Un pour préparer la Journée de l’ACF et, si vous choisissez de le faire en cartel, de vous déclarer comme tel à l’École.

 

Vous constaterez, en visitant l’adresse mentionnée par Philippe Benichou1, http://cartels-ecf.org, que la nouvelle procédure d’inscription des cartels est simplifiée. Elle est devenue très maniable : on peut y consulter la liste des cartels, des cartellisants, on peut y inscrire son cartel sur le mode classique – quatre plus un –, ou sur mesure si l’on préfère.

 

Je consulterai régulièrement ce site à la recherche des cartels qui se seront déclarés et contacterai ceux d’entre vous qui l’auront fait. Je serai tout particulièrement attentive aux cartels qui prendront comme objet d’étude la lecture de L’être et l’Un.

 

 

20/02/2012

Pour le Conseil

Monique Kusnierek

Déléguée aux cartels

 

 

1. Courrier de ecf-messager du 20 février 2012, où on trouve l’identifiant et le mot de passe nécessaires pour entrer sur le site – voir di-dessous

 

 

********************

 

 

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INSCRIPTION DES CARTELS 2011-2012


La date limite pour l’inscription des cartels 2011-2012 est fixée au 16 Mars 2011.

Si vous n’avez pas encore déclaré votre cartel, faites-le sans tarder, dès lors que votre cartel a poursuivi ou débuté son travail depuis mars 2011. Les cartels déjà inscrits en 2011 et poursuivant leur activité en 2012 doivent se réinscrire pour l’année en cours.
Recueillant l’ensemble des cartels déclarés à l’ECF, le catalogue des cartels constitue un reflet du travail de l’École. C’est un outil de travail précieux, qui vise notamment à faciliter les échanges entre cartellisants.


Si vous effectuez rapidement votre déclaration de cartel, celui-ci figurera dans le prochain catalogue, qui sera édité au cours du premier trimestre
2012.


Pour déclarer votre cartel, nouvelle procédure simplifiée

1°) Allez à cette adresse http://cartels-ecf.org/

2°) Taper le nom d’utilisateur : ecfcartels puis le mot de passe : 2011

3°) Cliquez sur l’onglet "Créer un cartel". Il vous sera demandé : le titre du cartel ; la rubrique dans laquelle il s’inscrit ; le sujet de travail propre à chacun des cartellisants et celui du plus-un ; les coordonnées de chacun des membres du cartel (en particulier téléphone et adresse électronique).

 

Pour toute question, vous pouvez vous adresser à Simone Rabanel sr2cartels [arobase] gmail [point] com

 

 

 

 

 

 

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Courtil en ligneS

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Avec la création de l’Institut de l’Enfant et la sortie du premier numéro de la Collection La Petite Girafe, la psychanalyse d’orientation lacanienne dans les institutions a le vent en poupe ! Le Courtil, institution fondée il y a 30 ans à partir des fondamentaux de l’enseignement de Jacques Lacan se lance avec CourtilenLigneS.be dans une nouvelle aventure, celle de la publication d’un mensuel en ligne ! 

Chaque mois un numéro composé de sept rubriques accompagnées d’un éditorial ou d’une carte blanche. En tête, la rubrique « Clinique » comportera toujours plusieurs articles d’intervenants du RI3 et de collègues de l’AMP mettant en valeur la démonstration par le cas. Pour ce numéro inaugural   CourtilenLigneS.be   a interviewé pour la rubrique « Rencontre » Daniel Roy afin qu’il nous parle du tout nouvel Institut de l’enfant CourtilenLigneS.be  adopte une ligne éditoriale résolument ouverte sur le monde avec « Regard », pour mettre en exergue un film, une expo, un concert, une pièce de théâtre, sans oublier les lectures qui nous ont arrêtées, que vous retrouverez dans notre « Marque-Page ». A chaque parution deux articles en anglais pour faire connaître nos recherches au-delà des frontières francophones. Bref un outil vivant au plus proche de l’actualité psychanalytique pour tous ceux qui orientent leur pratique institutionnelle ou non à partir de l’enseignement de Lacan. Jacques-Alain Miller était à Lille le 20 novembre dernier, nous publions un compte rendu de ce grand moment dès ce premier numéro dans l’Epinglage du mois. Aux abonnés nous offrirons progressivement l’accès aux archives des Feuillets du Courtil, depuis le numéro 1 de 1989. 

Il faut voir   CourtilenLigneS.be  comme un nouvel outil, réactif, ayant la capacité de bondir sur l’événement comme l’analyste sur l’inconscient. Ce sera notre « instant de voir », mais aussi notre « moment pour comprendre » avec des travaux approfondis de psychanalyse pure qui constitue le poteau indicateur de notre clinique.

Abonnez-vous à partir de 2 euros

10 crédits offerts aux étudiants (-26 ans, sur présentation de la carte d'étudiant)

Ouvrez votre compte dès maintenant à CourtilenLigneS.be >>> cliquez ici

Alexandre Stevens & Dominique Holvoet, Directeurs de rédaction
Secrétaire de rédaction : Thomas Roic, 
Comité éditorial : Marie Bremond, Virginie Leblanc, Anne Brunet et Sophie Simon

PETITION INTERNATIONALE POUR L’ABORD CLINIQUE DE L’AUTISME

     Courrier du Champ freudien en Belgique      

 

 

 

SIGNER LA PÉTITION EN LIGNE <http://www.lacanquotidien.fr/blog/petition/>

 

Après un faux documentaire truqué, franco-belge, sur l’autisme et la psychanalyse, dont le montage déforme les propos des interviewés pour leur faire dire l’inverse de ce qu’ils disent (Confirmé par le Jugement du 26 janvier 2012 du Tribunal de Grande Instance de Lille). Après une proposition de loi, en France, censée être déposée à la Chambre par le député UMP Daniel Fasquelle visant à interdire ( !) le traitement de l’autisme par la psychanalyse, contre laquelle la députée Edwige Antier, elle-même députée UMP et pédiatre, s’est d’emblée élevée dans une lettre ouverte (Lacan Quotidien n° 147). Après une campagne de presse virulente et diffamante, savamment orchestrée, allant dans le même sens, particulièrement en Flandres. Nous sommes restés dignes et discrets.

 

Le journal Libération (13/02/2012) révèle maintenant, en en publiant des extraits, que la Haute Autorité de Santé, en France, s’apprête à déposer un rapport des bonnes pratiques recommandant l’interdiction de la prise en charge de l’autisme par la psychanalyse et les méthodes psychodynamiques – aussitôt démenti par un communiqué faisant marche arrière de l’HAS qui semble s’emmêler devant l’émotion suscitée et dévoiler ainsi ses principes (lire ci-après le texte d’Eric Laurent, « La fin du règne de la HAS ? » paru dans Lacan Quotidien n°158, http://lacanquotidien.fr).

 

Trop c’est trop ! Ce n’est plus seulement la psychanalyse qui est visée mais toute approche clinique et multifactorielle de la question si complexe et douloureuse de l’autisme. Ce qui est touché et régulièrement visé va bien au-delà de notre champ, bien au-delà de la France, et demande une réaction et une mobilisation sans précédent. C’est le facteur de responsabilité de l’humain qui est remis en cause.

 

Nous soutenons et demandons à chacun de prendre connaissance, de signer et de diffuser le plus largement possible, partout et auprès de qui vous le voudrez (personnes, institutions, organismes, parents, etc.) la pétition internationale ci-jointe initiée par le tout nouvel Institut psychanalytique de l’Enfant (Université Populaire Jacques Lacan).

 

Dr Alexandre Stevens,

Coordinateur de la Section clinique de Bruxelles

 

Yves Vanderveken,

Président de l’Association de la Cause freudienne en Belgique

 

 

PÉTITION INTERNATIONALE

POUR L’ABORD CLINIQUE DE L’AUTISME

à l’initiative de l’Institut psychanalytique de l’Enfant

(Université populaire Jacques-Lacan)

 

 

٠ La pétition est en ligne sur Lacan Quotidien :

 

pour signer>>>Cliquer ici

Les associations,

les professionnels impliqués à divers titres dans l’accueil, le soin et l’accompagnement des sujets autistes,

les parents dont les enfants sont accueillis en structure médicale ou médico-sociale,

les citoyens concernés, français ou non, tous signataires de cette pétition

 

-       demandent à ce que la psychanalyse, ses recherches et ses praticiens, cessent d’être diffamés par des allégations visant à les déconsidérer ;

-       souhaitent que les pouvoirs publics prennent en compte le souci légitime des familles, sans négliger pour autant le travail que, depuis des décennies, les équipes de professionnels accomplissent auprès des enfants et des adultes autistes dans le cadre des secteurs de psychiatrie, des consultations privées, des institutions médico-sociales. Ce travail bénéficie, dans de très nombreux cas, de la formation psychanalytique des intervenants ;

-       souhaitent que l’inquiétude des familles ne soit pas exploitée pour désigner des boucs-émissaires, ni dénigrer des professionnels engagés à promouvoir les institutions et les pratiques qui garantissent que l’enfant et sa famille seront respectés dans le moment subjectif qui est le leur;

-       considèrent qu’en France, la représentation nationale saura, dans sa sagesse, éviter de se prononcer sur un problème de santé publique qui, loin d’être négligé, est depuis longtemps pris en considération ;

-       appellent de leurs voeux la mise en place d’un plan capable d’assurer les moyens humains et structuraux nécessaires à la poursuite des soins et de l’accompagnement éducatif qu’appelle la situation singulière de chaque enfant et adulte souffrant d’autisme.

 

***************

 

La fin du règne de la HAS ?

par Éric Laurent

 

Le matin du lundi 13 janvier, le journal Libération publie des extraits du rapport portant sur des « Recommandations de bonne pratique sur l’autisme et autres troubles envahissants du développement » sous le titre, parlant, de « Autisme, les psys réduits au silence ». Le quotidien croit savoir, citant deux extraits du rapport, que la HAS « retoque les pratiques psychanalytiques » et « interdit » le Packing. Dès le lundi soir un communiqué de la HAS prenait ses distances avec l’interprétation de Libération. Le communiqué, que Lacan Quotidien n°154 a reproduit énonçait que :

 

« L’ANESM (Agence nationale de l’évaluation et de la qualité des établissements et services sociaux et médico-sociaux) et la HAS ont débuté en 2010 l’élaboration de recommandations de bonne pratique sur l’autisme et les troubles envahissants du développement chez l’enfant et l’adolescent. Ce travail est en cours de finalisation. L’Anesm et la HAS délibéreront d’ici la fin du mois de février sur une version définitive qui tiendra compte des éventuelles observations de l’ensemble des experts qui ont participé à ce travail. L’Anesm et la HAS regrettent que les phrases citées se révèlent hors contexte ou inexactes au regard de la version actuelle du document. »

 

Le recours à « l’ensemble des experts » est donc présenté comme une instance d’apaisement, la solution à toute cette émotion.

 

Le même 13 janvier, un communiqué de l’Agence Presse Médicale (APM international), publié sous le titre « Autismes, la HAS dément demander l’interdiction des méthodes psychanalytiques et du packing », fait apparaître une subtile distinction bureaucratique. L’absence de recommandation n’est pas l’interdiction. Lorsqu’il y a des tensions dans un « groupe d’experts », la seule façon de faire taire les passions est le calcul. Quand il n’y a pas de données chiffrées selon les protocoles, on ne peut plus conclure. Cela donne dans le style HAS : « L’absence de données sur leur efficacité et la divergence des avis exprimés ne permettent pas de conclure à la pertinence des interventions fondées sur les approches psychanalytiques, ni sur la psychothérapie institutionnelle ».

 

Dominique Maigne, Directeur de la HAS, ancien Directeur d’hôpital, a indiqué à l’APM que la citation serait certainement modifiée dans le rapport définitif. Il a ajouté que la HAS et l’Anesm étaient des instances scientifiques n’ayant pas vocation à interdire. Le document en circulation actuellement est un « produit brut fini » approuvé « à une forte majorité » par le comité stratégique d’orientation de l’Anesm et la commission des recommandations de bonne pratique de la HAS, précise-t-il. Il sera soumis aux membres du groupe de travail et du comité de pilotage, soit « plus de vingt personnes », pour relecture. Les personnes consultées peuvent demander des modifications de rédaction, qui devront ensuite être validées par le collège de la HAS. Il a ajouté une autre fine distinction : « ce qui est non consensuel ne veut pas dire non recommandé ».

 

Il n’est pas sûr que le comité de pilotage regroupant les experts soit davantage une solution que les experts qui veillent sur les « bonnes pratiques ». D’une part, nous voyons clairement se développer les tensions dans le comité de pilotage, et entre les experts. D’autre part les « petites » associations de parents d’enfants autistes les plus virulentes, spécialement « Vaincre l’Autisme », ne veulent aucun compromis, contrairement aux grandes associations de parents comme l’UNAPEI.

 

Dans un document diffusé par « Vaincre l’Autisme » sous le titre « Axes de développement pour le 3ème plan autisme », qui regroupe des « Remarques et propositions à la sénatrice Mme Letard dans le cadre de la mission sur l’autisme» on peut lire tout le mal que pense cette association du comité de pilotage du plan. Dans l’annexe qui commente point par point les objectifs du plan autisme 2005-2007, on note que « ce comité a été mis en place en novembre 2007. Malheureusement, il intègre tous les professionnels résistants aux changements et s’opposant à l’innovation et reste de plus très peu actif… Le groupe (de suivi scientifique) existe au sein du comité national, mais constitué malheureusement en majorité par des psychiatres psychanalystes ». Ce mécontentement envers le comité de pilotage des deux premiers plans autismes amène « Vaincre l’autisme » a vouloir forcer son avantage après avoir rencontré Valérie Letard.

 

« Il apparaît indispensable d’acter par décret la création d’un comité de pilotage et de suivi…il est indispensable de faire table rase des comités existants, d’innover pour partir sur de bonnes bases déterminées pour être LE mode de fonctionnement de démocratie participative pour des années à venir. »

 

La conception de la démocratie participative par cette association est de diriger elle-même le plan autisme. Tout ce qui ira dans son sens sera bon et le reste mauvais. Comme son objectif avoué est de couper tous les ponts avec la psychiatrie et le soin, on comprend pourquoi Bernard Golse déclare à Rue 89 « C’est le retour de la haine et de l’idéologie… Je crains que la haute autorité ne sorte de son rôle et cède au lobbying des associations de parents ». En effet, les plus virulents idéologues veillent avec une attention qui touche à la théorie du complot et se demandent « si la fuite dans la presse n’est pas organisée afin de faire pression sur les membres du groupe de travail de la HAS, au stade de la relecture finale… Nous, parents prions tous pour qu’elle ne soir pas caviardée au dernier moment par les psychanalystes. »

 

Quelle que soit la rédaction finale, elle ne changera pas d’un coup de baguette bureaucratique scientiste les opinions d’un milieu où les praticiens n’ont pas l’habitude de se faire dicter ses opinions par l’Etat et qui pratique déjà une approche multidimensionnelle qui mêle l’approche psychothérapeutique, l’éducatif et le rééducatif.

 

La très claire « Note de synthèse » portée hier à la connaissance des lecteurs de Lacan Quotidien donnait la dimension du problème. Si la HAS suit les recommandations extrêmes inspirées par « Vaincre l’autisme » et ses experts, cela revient à créer ex-nihilo une bureaucratie médico-sociale pouvant prendre en charge 800.000 personnes et 8.000 enfants chaque année. Nous retrouvons là le type d’utopie inspirée au gouvernement britannique, par les mêmes secteurs scientistes, d’un vaste réseau de centres de psychothérapie comportementale brèves pour lutter contre la dépression et le chômage. Cette vaste usine à gaz a eu du mal à dépasser les Centres expérimentaux. Le changement de gouvernement a mis un terme à ce déploiement et l’on attend la publication des résultats qui s’annoncent difficilement interprétables et décevants, bien que tous chiffrés.

 

Ce type d’utopie qui consiste à reconfigurer toute la distribution des soins à partir d’un petit groupe scientiste autoritaire promet des lendemains qui ne chanteront pas. Un article récemment paru dans « Les Echos » rapportait « Les bleus à l’âme des hauts fonctionnaires … De tous bords et de tous horizons, les hauts fonctionnaires sont de plus en plus nombreux à exprimer leur malaise, déboussolés par la réforme de l’Etat ».

 

« La RGPP a entrainé une cassure entre un tout petit noyau dur de 100 a 150 hauts gradés qui la pilotent depuis les ministères , et les cadres gestionnaires de terrain, qui estiment que leur rôle a été dévalorisée, analyse Luc Rouban, chercheur au CNRS ».

 

C’est le même genre d’opération que veulent tenter les mauvais conseillers. Ils récolteront les fruits amers du découragement de ceux à qui l’on aura assigné une tâche impossible.

 

Leo Kanner, qui n’était pas psychanalyste, mais Directeur de la « Behaviour Clinic for Children at John Hopkins University in Baltimore » est le premier à avoir repéré la singularité de l’autisme. Il l’attribuait d’emblée à deux causalités : un dysfonctionnement du cerveau sans doute inné et, dans le même temps une difficulté des liens parents-enfants. Le débat a évolué depuis, mais la tension entre la cause biologique et la dimension relationnelle n’a jamais cessé. Nous n’avons toujours pas trouvé la cause biologique et les espoirs mis dans le dysfonctionnement du lobe temporal supérieur n’épuisent toujours pas le débat. Vouloir le régler par décret provoquera la ruine de l’autorité qui en prendrait le risque. La fin du règne d’une certaine HAS ?

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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La psychanalyse et la folie

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En fichier joint l'affiche annonçant l'intervention de Philippe Lacadée à
Charleroi le 3 mars prochain dans le cadre du CRIPSA.

Merci d'afficher dans vos valves.

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Courtil en ligneS

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Avec la création de l’Institut de l’Enfant et la sortie du premier numéro de la Collection La Petite Girafe, la psychanalyse d’orientation lacanienne dans les institutions a le vent en poupe ! Le Courtil, institution fondée il y a 30 ans à partir des fondamentaux de l’enseignement de Jacques Lacan se lance avec CourtilenLigneS.be dans une nouvelle aventure, celle de la publication d’un mensuel en ligne ! 

Chaque mois un numéro composé de sept rubriques accompagnées d’un éditorial ou d’une carte blanche. En tête, la rubrique « Clinique » comportera toujours plusieurs articles d’intervenants du RI3 et de collègues de l’AMP mettant en valeur la démonstration par le cas. Pour ce numéro inaugural   CourtilenLigneS.be   a interviewé pour la rubrique « Rencontre » Daniel Roy afin qu’il nous parle du tout nouvel Institut de l’enfant CourtilenLigneS.be  adopte une ligne éditoriale résolument ouverte sur le monde avec « Regard », pour mettre en exergue un film, une expo, un concert, une pièce de théâtre, sans oublier les lectures qui nous ont arrêtées, que vous retrouverez dans notre « Marque-Page ». A chaque parution deux articles en anglais pour faire connaître nos recherches au-delà des frontières francophones. Bref un outil vivant au plus proche de l’actualité psychanalytique pour tous ceux qui orientent leur pratique institutionnelle ou non à partir de l’enseignement de Lacan. Jacques-Alain Miller était à Lille le 20 novembre dernier, nous publions un compte rendu de ce grand moment dès ce premier numéro dans l’Epinglage du mois. Aux abonnés nous offrirons progressivement l’accès aux archives des Feuillets du Courtil, depuis le numéro 1 de 1989. 

Il faut voir   CourtilenLigneS.be  comme un nouvel outil, réactif, ayant la capacité de bondir sur l’événement comme l’analyste sur l’inconscient. Ce sera notre « instant de voir », mais aussi notre « moment pour comprendre » avec des travaux approfondis de psychanalyse pure qui constitue le poteau indicateur de notre clinique.

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10 crédits offerts aux étudiants (-26 ans, sur présentation de la carte d'étudiant)

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Alexandre Stevens & Dominique Holvoet, Directeurs de rédaction
Secrétaire de rédaction : Thomas Roic, 
Comité éditorial : Marie Bremond, Virginie Leblanc, Anne Brunet et Sophie Simon

La psychanalyse et la folie

COURRIER DU CHAMP FREUDIEN EN BELGIQUE

Intervention de Philippe Lacadée à Charleroi le 3 mars prochain dans le cadre du CRIPSA.


AUTISME ET PSYCHANALYSE

     Courrier du Champ freudien en Belgique      
 

 

 

Le Champ freudien en Belgique, ainsi que l’ACF-Belgique, s’associent pleinement à la déclaration suivante et la font sienne.

 

La situation en Belgique n’est d’ailleurs pas en reste dans la “situation actuelle” décrite Autisme_Communique_Presse_31_janvier_2012.pdf

 

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         Nous publions le texte de l’Institut Psychanalytique de l’Enfant qui est une première réflexion sur la situation actuelle dont les enjeux sont lourds pour les jeunes autistes, leurs parents et tous les praticiens qui sont confrontés à leurs difficultés.

         Nous invitons tous ceux qui approuvent ce premier texte à l’afficher dans les institutions où ils travaillent et de l’y diffuser. Il est urgent d’engager le débat pour approfondir l’analyse de la gravité du contexte dans lequel ces praticiens exercent leurs professions respectives.

         Il est urgent d’informer tous les parents de cette gravité qui concerne tout un chacun.

Judith Miller

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AUTISME ET PSYCHANALYSE :

nos convictions

 

         L’Institut psychanalytique de l’Enfant a pris connaissance ces derniers mois d’une étrange campagne qui vise à exclure la psychanalyse de la prise en charge des enfants et adolescents autistes. Cette campagne culmine maintenant avec une proposition de loi qui a fait réagir tous les représentants professionnels1 et les plus grandes associations familiales (UNAPEI).

         Ladite campagne procède d’un intense travail de lobbying qui allègue des intentions louables : améliorer les conditions d’une catégorie de la population. En fait, il s’agit pour ses promoteurs d’obtenir des pouvoirs publics des subventions massives au bénéfice de méthodes de conditionnement, de façon à offrir des solutions ready-made aux familles qui cherchent avec inquiétude des solutions là où il y a une réelle pénurie d’accueil institutionnel.

         L’Institut psychanalytique de l’Enfant réunit des psychanalystes, des intervenants d’institutions spécialisées – psychiatres, psychologues, infirmiers, orthophonistes, psychomotriciens –, des professionnels du champ de l’enfance – enseignants, éducateurs, juristes, médecins… – qui agissent depuis de nombreuses années auprès des enfants en souffrance, en s’orientant de la psychanalyse, de Freud, de Lacan et des avancées les plus actuelles de la recherche clinique.

         C’est à ce titre que l’Institut psychanalytique de l’Enfant, par sa Commission d’initiative, souhaite prendre position. Il s’agit ici de témoigner des principes qui gouvernent notre action.

 

1 – Rappelons qu’en France, à partir des années 60-70, ce sont les psychiatres d’enfant et les psychologues formés à la psychanalyse qui commencent à se préoccuper du sort des enfants autistes jusqu’alors placés en hôpital psychiatrique ou en institution fermée, où la dimension déficitaire était prépondérante. Ils prennent appui sur les psychanalystes anglo-saxons Frances Tustin, Margaret Malher, Donald Meltzer, et sur l’institution de Maud Mannoni « l’École expérimentale de Bonneuil », avec les travaux de Rosine et Robert Lefort, élèves de J. Lacan. L’ensemble de ces travaux donne aux praticiens – psychiatres, psychologues, infirmiers, éducateurs, orthophonistes, psychomotriciens – l’idée d’un traitement possible et d’apprentissages qui tiennent compte du symptôme du sujet, au delà de la coercition. Les hôpitaux de jour, dans le mouvement de sectorisation de la psychiatrie, se créent dans cette perspective. Il s’agit d’offrir un accueil qui ne soit pas basé sur le déficit et qui tienne compte de la particularité de chaque sujet. La situation familiale fait partie de cette particularité, car les constellations familiales sont loin d’être toutes identiques. Les parents sont reçus, écoutés. Les enfants, les adolescents, sont reçus dans des petits groupes, sollicités pour des « ateliers » où peuvent se décliner leurs intérêts. Dans les moments de repas, de jeux, d’étude, ils expérimentent de nouveaux rapports avec les objets et avec les demandes, avec ce qui structure le monde de tous les enfants, mais dont les enfants autistes se défendent.

 

2 – Cette longue expérience de diagnostic, d’accompagnement des familles, de mise en place de parcours spécialement tissés pour chacun, a fait l’objet de nombreuses publications et de recueil de travaux. Elle n’aurait pas pu se soutenir sans la référence quotidienne à la psychanalyse, à son corpus textuel, à son enseignement vivant. Comment situer aujourd’hui la place de la psychanalyse dans le traitement de l’enfant autiste ? Nous proposons 5 axes de réponse :

         - La formation analytique, c’est-à-dire l’expérience d’une psychanalyse personnelle, donne aux intervenants un outil puissant pour situer leur action auprès des sujets autistes à la bonne distance, en se tenant à distance d’idéaux de normalisation ou de normalité incompatibles avec l’accompagnement professionnel de sujets en souffrance.

         - Ce respect de la position du sujet est la boussole qui oriente en effet cette action. Il ne s’agit en aucun cas de laisser l’enfant, l’adolescent, être le jouet par exemple de ses stéréotypies, répétitions, écholalies, mais, en les considérant comme un premier traitement élaboré par l’enfant pour se défendre, d’y introduire, dans une présence discrète, des éléments nouveaux qui vont complexifier « le monde de l’autisme ».

         - L’enjeu est d’abord que puisse se localiser pour l’enfant l’angoisse ou la perplexité que déclenche en lui l’interpellation d’un autre et la mise en jeu des fonctions du corps dans leur lien avec cette demande – se nourrir et se laisser nourrir, perdre les objets urinaires et anaux, regarder et être regardé, entendre et se faire entendre. Les psychanalystes ont depuis longtemps noté la dimension de rituels d’interposition que constituent de nombreux traits symptomatiques invalidants. La création ou la découverte par l’enfant d’un « objet autistique », quelle qu’en soit la forme, est souvent une ressource féconde pour créer des liens et des espaces nouveaux, plus libres des contraintes « autistiques ».

         - Les psychanalystes ne contestent en aucune façon l’inscription des enfants autistes dans des dispositifs d’apprentissage. Ils mettent au contraire en valeur que le sujet autiste est déjà bien souvent « au travail ». Les autistes dits « de haut niveau » témoignent en ce domaine d’un investissement massif de la pensée, du langage, et du domaine cognitif, où ils trouvent des ressources inédites. Plus généralement, pour tous les enfants, les praticiens cherchent à privilégier les approches pédagogiques et éducatives qui savent s’adapter pour faire une place aux singularités sociales et cognitives des enfants autistes. Enseignants et éducateurs témoignent, au sein de l’Institut psychanalytique de l’Enfant, de ce qu’ils ont élaboré avec l’enfant ou l’adolescent.

         - En revanche les psychanalystes s’élèvent avec la plus grande force contre des méthodes dites « d’apprentissage intensif», qui sont en réalité des méthodes de conditionnement comportemental, qui utilisent massivement le lobbying, voire l’intimidation, pour promouvoir des « prises en charge » totalitaires et totalisantes, qui s’auto-proclament seul traitement valable de l’autisme. Loin de cette réduction, il faut différencier les différentes approches de l’apprentissage. Les psychanalystes et les intervenants, regroupés au sein de l’Institut psychanalytique de l’Enfant, représentant toutes les catégories professionnelles présentes dans le champ de l’enfance, se déclarent tout spécialement attachés, pour les enfants et adolescents autistes, aux systèmes de soin et d’éducation existant en France, tant qu’ils permettent de répartir les responsabilités respectives et différenciées entre les professionnels du soin, de l’éducation, et les parents.

 

3 – Les classifications actuelles des troubles mentaux – spécialement le DSM – jettent une grande confusion dans le débat, faisant apparaître au même niveau diagnostic des symptômes de l’enfance tels que le bégaiement ou l’énurésie, des « troubles » référés à une normalité sociale (tels que les « troubles oppositionnels avec provocation » ou les « troubles des conduites »), et l’autisme (« trouble autistique »). L’autisme, et ses diverses formes, se trouve ainsi isolé comme le seul véritable tableau clinique de la catégorie « Troubles envahissants du développement ». Les débats en cours sur la continuité du « spectre des autismes », sur l’opportunité de maintenir dans la même série des TED les dits « Asperger », montrent combien cette catégorie est instable. A l’intérieur de ce « spectre », il faut examiner dans le détail les phénomènes d’envahissement du corps et situer les manifestations étranges et inquiétantes dont il est la proie. Les psychanalystes et les nombreux praticiens d’orientation lacanienne accompagnent ainsi de nombreux enfants et adolescents dans cette élaboration qui leur permet de garder ou de trouver une place dans le lien social et familial. Les parents peuvent alors s’autoriser à parler de certains traits de leur enfant, d’en saisir la valeur, malgré leur caractère étrange. Ce travail est nécessairement long, car il suppose de prendre en cause une différence de l’enfant qui vient à l’encontre des attentes et des désirs qui entourent sa présence au monde. Le psychanalyste, en place de recueillir cette souffrance, doit être attentif à la souffrance des parents et les soutenir dans leur épreuve.

 

4 – Des hypothèses étiologiques multiples – génétique, vaccinale, neurocognitive, etc.- présentées comme des vérités scientifiques à la suite souvent d’un unique article paru dans une revue, dont on apprendra quelques mois ou années plus tard le caractère biaisé, circulent dans les divers médias et affolent les familles. Ces hypothèses causales viennent répondre strictement à la réduction de l’autisme à un trouble du développement, présenté comme une maladie génétique voire épidémique. Elles se confortent de la loi de 2005 sur le handicap, qui ne vise pourtant aucunement à porter une sentence du type « C’est un handicap, donc cela n’est pas une maladie», mais à permettre une orientation adaptée pour l’enfant et une aide pour la famille. Beaucoup sur ce point reste à faire, et les associations de parents sont une force indispensable et incontournable pour faire avancer des projets adaptés, en particulier pour les très jeunes enfants et pour les grands adolescents et les jeunes adultes. En ce sens, l’annonce de l’autisme comme grande cause nationale ne pouvait que réjouir tous ceux qui sont mobilisés dans les soins apportés aux enfants et adolescents autistes.

 

5 – Les psychanalystes suivent tous les débats scientifiques autour des causes de l’autisme infantile. Quelles que soient ces causes, elles ne peuvent réduire le sujet à une mécanique. Ils prennent en compte les souffrances qu’ils rencontrent et ils promeuvent les institutions et les pratiques qui garantissent que l’enfant et sa famille seront respectés dans le moment subjectif qui est le leur. Ils facilitent, chaque fois que cela est possible, l’insertion de l’enfant dans des liens sociaux qui ne le mettent pas à mal. Ils ne sont pas détenteurs d’une vérité « psychologique » sur l’autisme, ils ne sont pas promoteurs d’une « méthode éducative » particulière. Ils sont porteurs d’un message clair pour le sujet autiste, pour ses parents, et pour tous ceux qui, en institution ou en accueil singulier, prennent le parti et le pari de les accompagner – et les psychanalystes sont de ceux-là : il est possible de construire un autre monde que le monde de défense et de protection où est enfermé l’enfant autiste. Il est possible de construire une nouvelle alliance du sujet et de son corps. L’effort de tous vise à démontrer cliniquement cette possibilité.

 

La Commission d’initiative de l’Institut psychanalytique de l’Enfant

Mme Judith Miller (Paris) – Dr Jean-Robert Rabanel (Clermont-Ferrand)

Dr Daniel Roy (Bordeaux) – Dr Alexandre Stevens (Bruxelles)

 

Collectif des 39 : http://www.oedipe.org/fr/actualites/autisme39

Syndicat des Psychiatres des Hôpitaux : http://www.sphweb.info/spip.php?article937

 

 

la prise de position D’EDWIGE ANTIER

 

Mme Edwige Antier, Députée de Paris et Pédiatre, a fait savoir publiquement qu’elle ne voulait pas qu'une loi prive les autistes des pratiques psychanalytiques, et qu’en conséquence elle ne s'associait pas à la proposition de loi de son collègue Daniel Fasquelle visant à « l'arrêt des pratiques psychanalytiques dans l'accompagnement des personnes autistes et la généralisation des méthodes éducatives et comportementales. »

      Elle écrit : « Les personnes dites “autistes” doivent avoir le droit de bénéficier de toutes les ressources de la médecine, de la psychiatrie et de la psychologie. Il y a aujourd'hui une nouvelle classification des troubles du développement, l'autisme entrant dans plusieurs syndromes d'origine et de traitements très différents, le plus fréquent se classant dans les « troubles envahissants du développement ». Les équipes médicales de pédo-psychiatrie manquent cruellement de moyens, mais sont parfaitement ouvertes actuellement à toutes les méthodes d'accompagnement, et doivent pouvoir mettre au service de la personne autiste et de sa famille toutes les compétences.

Le débat sur le rôle de la psychanalyse dans le suivi des enfants autistes est un débat du passé. Bruno Bettelheim, qui a été accusé de culpabilser les mères des enfants autistes, a disparu depuis 22 ans… et aucun pédopsychiatre, fut-il psychanalyste, ne se prive aujourd'hui de mettre toute une palette de traitements dans laquelle est inclue la méthode comportementaliste au service de ces familles. La souffrance des parents, le drame qu'ils vivent devant une société trop passive quant à la prise en charge de ces enfants, ne doivent pas être attisés par des querelles d'école. »

En résumé, Edwige Antier déplore cette proposition de loi qui prétend dicter leurs choix thérapeutiques à des médecins psychiatres et pédopsychiatres. Elle pense que ce n'est pas le rôle des parlementaires.

 

petition DE SOUTIEN à LA POSITION D’Edwige Antier

 

Les soussignés s’associent à Mme Edwige Antier pour déplorer une proposition de loi qui prétend dicter leurs choix thérapeutiques à des médecins psychiatres et pédopsychiatres. Ils pensent comme celle-ci que ce n'est pas le rôle des parlementaires.

 

Mme Judith Miller (Paris) – Dr Jean-Robert Rabanel (Clermont-Ferrand)

Dr Daniel Roy (Bordeaux) – Dr Alexandre Stevens (Bruxelles)

 


 

 

 

 

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Communiqu

      Courrier du Champ freudien en Belgique      
 

 

Communiqué du Champ freudien

 

Mme Edwige ANTIER, députée de Paris (UMP) et pédiatre, a communiqué à M. Gérard Miller, psychanalyste et universitaire, le document suivant, adressé à son collègue Daniel FASQUELLE, auteur d’une proposition de loi intéressant la pratique de la psychanalyse.

Lettre ouverte à Daniel Fasquelle

concernant la proposition de loi

visant l'arrêt des pratiques psychanalytiques

dans l'accompagnement des autistes

par Edwige Antier

 

Mon cher collègue, cher Daniel,

 

Je ne doute pas de ta sincérité dans la démarche qui a animé ta proposition de loi « visant l’arrêt des pratiques psychanalytiques dans l’accompagnement des personnes autistes, la généralisation des méthodes éducatives et comportementales et la réaffectation de tous les financements existants à ces méthodes ».

 

Dans le débat soulevé, je pense que tu te dois d’entendre l’information nécessaire sur la réaction des professionnels.



 

Nous ne parlons plus « d’autistes », mais de patients atteints de « troubles du développement dans le spectre autistique » car ces troubles relèvent de pathologies multifactorielles et demandent des prises en charge au cas par cas. Laisser croire que les pratiques psychanalytiques sont utilisées au détriment des accompagnements comportementalistes des patients est un procès extrêmement dangereux faits aux pédopsychiatres des CHU, dont le Ministère de la santé a fait les chefs d’orchestre de la prise en charge de ces patients. Les parents d’enfants autistes sont dans une colère légitime car les querelles de chapelles ont déjà freiné le déploiement de toutes les compétences dont ils ont besoin. Je trouve très aggravant d’alimenter, par une proposition de loi, le procès d’intention fait à de grands médecins qui vouent leur vie à la recherche et au soulagement de ces souffrances. Tous les travaux et toutes les contributions sont intéressantes en ce début de siècle qui sera celui des grandes découvertes sur le fonctionnement du cerveau et de ses interactions très précoces avec le monde environnant. Le devoir de l’Etat est de donner les moyens à cette recherche tout en améliorant l’aide à ces familles, et en particulier la formation et le nombre des auxiliaires de vie scolaire.

 

Notre gouvernement a fait de grands efforts, malgré les difficultés économiques actuelles, pour en augmenter le nombre, mais cela ne suffit pas. C’est dans ce sens que les parlementaires peuvent aider ces enfants, tout en laissant le Ministre de la santé en charge de veiller aux bonnes pratiques, et la Ministre de la cohésion sociale de l’accompagner. Notre collègue sénatrice, Valérie Létard, a livré un excellent rapport doté de propositions sur la question. Entrer au niveau parlementaire dans un débat de choix médical est nocif pour les patients et pour leurs familles, démobilisateur pour des Chefs de service hospitaliers en première ligne lorsque le médecin de ville ou le personnel de la crèche alerte la famille. S’immiscer dans le travail multidisciplinaire de l’équipe en charge à ce moment déjà angoissant, ne rend pas service à ces enfants. 



 

Bien à toi,

Edwige Antier

Pédiatre et Députée de Paris.
 

Deuxième samedi de la NLS avec Francesca Biagi-Chai

 

DEUXIEME SAMEDI
DE LA NLS

au KRING VOOR PSYCHANALYSE


"Lire un symptôme"

Avec FRANCESCA BIAGI-CHAI


Le Kring voor Psychoanalyse van de NLS vous invite à son deuxième samedi de la New Lacanian School en Flandre. Le samedi 11 février sera accueilli Francesca Biagi-Chai.

Francesca Biagi-Chai est psychanalyste, psychiatre des hôpitaux (CHS Paul Guiraud-Villejuif), enseignante à la Section Clinique (département de psychanalyse de l'université de Paris VIII), membre de l'Ecole de la Cause Freudienne et de l'Association Mondiale de Psychanalyse.

Le samedi comprend 2 volets :


I. Exposé par Francesca Biagi-Chai "Rêve, angoisse, symptôme, un seul texte à lire".

Si nous pensons le rêve, l'angoisse et le symptôme comme des places différentes mais articulées, des rapports entre elles se précisent.

Un pas de plus et l'articulation devient la grammaire d'un seul texte, celui de la singularité du sujet. Singularité qui va apparaître, là où était le flou, le non articulé.

Dans la perspective du congrès de la NLS qu'en a donnée Jacques-Alain Miller à travers l'argument "Lire un symptôme", nous ferons valoir l'importance de penser ce texte unique dans la clinique et progression de la cure.

Francesca Biagi-Chai

Quand : samedi 11 février 2012, de 14h à 16h30
Lieu : Clubhuis Stad Gent, Patijntjesstraat 62, 9000 Gent
Accessible à tous, participation dans les frais

II. Séminaire clinique avec Francesca Biagi-Chai

Un participant présent un cas clinique, qui sera commentée par Francesca Biagi-Chai, débat avec les participants.

Quand : samedi 11 févrire 2012, de 17h à 18h30

Lieu : Clubhuis Stad Gent, Patijntjesstraat 62, 9000 Gent

Accessible après demande préalable auprès un des responsables du séminaire clinique, Geert Hoornaert (hoornaert.geert [arobase] telenet [point] be) ou Luc Vander Vennet (luc.vdvennet [arobase] skynet [point] be)

 

On espère pouvoir vous y accueillir !
Le bureau du Kring
Glenn Strubbe, trésorier– strglenn [arobase] yahoo [point] com

Els Van Compernolle,secrétaire -e.vancompernolle [arobase] gmail [point] com
Nathalie Laceur, vice-présidente – laceur.nathalie [arobase] gmail [point] com

Joost Demuynck, président  – joost.demuynck [arobase] telenet [point] be


 

 

 

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